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Les défis de la langue française à Montréal et au Québec au XXIsiècle : constats et enjeux
Faits saillants

LES DÉFIS DE LA LANGUE FRANÇAISE À MONTRÉAL
ET AU QUÉBEC AU XXIe SIÈCLE : CONSTATS ET ENJEUX

Rapport intérimaire
Groupe de travail ministériel pour un plan d'action en vue de promouvoir et de maintenir le caractère français de Montréal et d'assurer la vitalité et la qualité de la langue française au Québec

Une attraction du français toujours insuffisante

  • On constate une évolution positive en faveur du français, mais ces progrès restent nettement insuffisants pour compenser les effets contraires de l’accroissement naturel et des mouvements migratoires sur l’importance relative des francophones, particulièrement dans l’île de Montréal.
  • La pérennité d’une langue n’est assurée que si l’on trouve une « masse critique » suffisante de personnes qui en font usage spontanément en toutes circonstances.
  • Les résidants de l'île de Montréal qui font usage du français à la maison sont de moins en moins nombreux.
Tableau 1 : Taux de transfert linguistique des allophones

Langue choisie

1971

1996

Au Québec

Anglais

71 %

60 %

Français

29 %

40 %

Sur l'île de Montréal

Anglais

74 %

66 %

Français

25 %

34 %

Tableau 2 : Transferts linguistiques vers le français des allophones arrivés au Québec après l'adoption de la Charte de la langue française en 1977

1986

1991

1996

69 %

68 %

67 %

Une population en mutation

  • L’accroissement naturel des francophones de l'île de Montréal est insuffisant pour assurer au moins une croissance égale à celle de l’ensemble des autres groupes linguistiques.
  • Les 346 000 immigrants qui sont entrés au Québec durant la seconde décennie d'application de la Charte de la langue française (1986-1995) ont dépassé en nombre le sommet (330 000) établi dans les années 1950.
  • Durant la période 1986-1995, la proportion d'immigrants ne connaissant pas le français a augmenté à près de deux immigrants sur trois, soit 229 000 immigrants sur 346 000. Depuis cette période, cette proportion a toutefois été réduite graduellement à 60 % en 1998 et à 56 % en 1999.
Tableau 3 : Pourcentage d'immigrants arrivants au Québec ne connaissant pas le français

1977-1986

1986-1995

1998

1999

61 %

66 %

60 %

56 %

  • L’immigration internationale se concentre dans la région métropolitaine de Montréal, près de neuf immigrants sur dix y établissant leur première résidence.
  • Les résidants de l’île de Montréal qui forment 25 % de la population du Québec accueillent 75 % des immigrants internationaux.
  • Alors qu’au début des années 1980, il y avait équilibre entre les départs et les arrivées de francophones en provenance ou à destination de l’île de Montréal (un peu plus de 101 000 dans les deux sens), on a pu calculer un excédent des départs sur les entrées de plus de 111 000 francophones entre 1986 et 1996.

Un monde en évolution

  • La mondialisation des échanges économiques risque d'avoir des impacts importants sur la langue de travail au Québec, les grands groupes internationaux ayant une tendance marquée à généraliser l'usage de l'anglais dans l'ensemble de leurs communications.
  • La proportion de personnes qui travaillent principalement en français (90 % ou plus du temps de travail) décline de façon quasi linéaire avec la proportion de francophones dans les contacts de travail.
Tableau 4 : Pourcentage de francophones travaillant essentiellement en français selon le pourcentage de francophones parmi les contacts

En contact avec 90 % et plus de francophones

En contact avec moins de 50 % de francophones

Francophones travaillant essentiellement en français

93 %

25 %

Tableau 5 : Pourcentage de la main d'œuvre selon le temps de travail en français, région de Montréal

Essentiellement en français (90 % et plus du temps)

Principalement en français (50-89 % du temps)

Principalement en anglais ou dans une autre langue (50 % et plus du temps)

Francophones

63 %

30 %

6 %

Anglophones

8 %

37 %

55 %

Allophones

24 %

39 %

37 %

  • 71 % des francophones travaillent généralement en français (90 % et plus) si les supérieurs sont francophones, mais cette proportion tombe à 25 % si les supérieurs sont anglophones et à 45 % s’ils sont allophones.
  • L'introduction massive de l'informatique dans la vie de chacun et dans les milieux de travail propage l'emploi de l'anglais, compromet l'usage du français comme langue du travail et est susceptible de provoquer une nouvelle phase d'anglicisation semblable à celle qui a marqué l'industrialisation (en anglais) du Québec.
  • Le taux d'assimilation linguistique (pourcentage de personne qui n'utilisent plus le français à la maison par rapport au nombre de personnes de langue maternelle française) de la population francophone canadienne hors Québec est passé de 27 % en 1971 à 36 % en 1996.
Tableau 6 : Taux d'assimilation des francophones hors Québec, 1996

Territoire

% d'assimilation

Canada (hors Québec)

36 %

Nouveau-Brunswick

8 %

Ontario

39 %

Nouvelle-Écosse

43 %

Manitoba

53 %

Terre-Neuve

58 %

Alberta

68 %

Colombie-Britannique

71 %

Conclusions

La fragilité de la situation linguistique est liée à des phénomènes concurrents qui évoluent à des vitesses différentes :

  • la francisation des immigrants est un processus lent qui s’étend sur des générations;
  • la baisse de la fécondité et la croissance de l'immigration provoquent une transformation rapide de notre société;
  • l'étalement urbain entraîne les francophones en périphérie de l'île de Montréal;
  • la mondialisation et l'intégration des nouvelles technologies sont des réalités incontournables qui remettent en cause l'usage du français au travail.

Afin d'assurer le maintien et la promotion du caractère français de l'île de Montréal, de la région métropolitaine et de l'ensemble du Québec, la société québécoise doit donc relever un certain nombre de défis, dont :

  • le maintien et la consolidation du rempart que constitue la Charte de la langue française comme contrepoids aux tendances lourdes que sont notamment la démographie, la mondialisation et l'intégration des nouvelles technologies;
  • l'application d'une politique d'immigration misant sur une meilleure intégration des allophones à la majorité de langue française;
  • l'établissement de mesures favorisant le maintien et l'augmentation de la population francophone sur l'île de Montréal en vue d'assurer la masse critique francophone nécessaire à l'intégration des immigrants.

Une mobilisation collective s'impose pour assurer l'avenir, la vitalité et le pouvoir d'attraction de la langue française à Montréal et dans la région métropolitaine, en solidarité avec le reste du Québec.

 

Communiqué : La ministre Beaudoin rend public le rapport intérimaire du groupe de travail ministériel sur la situation de la langue française à Montréal et au Québec « Situer le dossier linguistique dans la perspective des années 2000 », Québec, le 14 avril 2000



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