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Les défis de la langue française à Montréal et au Québec au XXIsiècle : constats et enjeux
Introduction

Depuis la Conquête, il nous a fallu combattre pour la survie de notre langue; il n'en ira pas autrement dans l'avenir. Pour s'en convaincre, point n'est besoin de longues démonstrations; il n'est que de songer au nombre de ceux qui parlent français sur ce continent.

- Fernand Dumont, Raisons communes

La conclusion du Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, mieux connu par son sous-titre Bilan de la situation de la langue française au Québec en 1995 1,  rendu public en mars 1996, dresse un portrait général en deux grands volets. Le premier fait état des domaines où la politique linguistique du Québec a contribué à généraliser l’usage du français au sein de la société. Le second, quant à lui, trace « le chemin qu’il reste à parcourir », car un fossé sépare toujours la réalité observée des résultats que l’on est en droit d’espérer.

Nul doute que, depuis 25 ans, le français a progressé au Québec, à en juger par l’augmentation de la connaissance de la langue officielle et, surtout, par son usage plus répandu chez certaines catégories de travailleurs, dans la vie des entreprises, dans les commerces et les services. Quant à l’obligation faite aux immigrants d’inscrire leurs enfants dans des écoles primaires et secondaires où l’enseignement se donne en français, le succès de cette mesure se révèle si évident qu’il pourrait être vu comme le plus marquant que l’on puisse attribuer à la Charte de la langue française. En effet, au milieu des années 1970, à peine 20 % des écoliers allophones faisaient leurs études dans des écoles françaises; quelque 25 ans plus tard, les données du ministère de l’Éducation du Québec (année scolaire 1998-1999) montrent qu'une forte majorité, de 79 %, les fréquente.

Mais, malgré les réussites de la politique linguistique, le Comité interministériel chargé de dresser le Bilan, reconnaissait que le français n’était pas encore devenu la langue commune des Québécois 2.

Par ailleurs, le Bilan prenait acte de la baisse du poids démographique des francophones de l’île de Montréal. Après une remarquable stabilité - autour de 60 % de la population de l’île aux recensements de 1976, 1981 et 1986 -, les personnes s’exprimant en français au foyer ont vu leur importance relative diminuer progressivement. Au dernier recensement (1996), la proportion des Montréalais qui s’exprimaient habituellement en français à la maison se situait à 55,6 % dans l’ensemble de la population et à seulement 52,3 % chez les moins de 15 ans. Cette tendance semble se confirmer comme le démontrent les projections du démographe Marc Termote dans ses Perspectives démolinguistiques du Québec et de la région de Montréal à l'aube du XXIe siècle 3.

Le présent document n'a pas pour objectif de reprendre le Bilan de 1996; il actualise et complète cependant les constats dressés par celui-ci dans le but de cerner un certain nombre d'enjeux auxquels la société québécoise devra faire face pour assurer le maintien et la promotion de la langue française au Québec.

 


1. Gouvernement du Québec, Le français langue commune. Enjeu de la société québécoise. Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, Québec, ministère de la Culture et des Communications,1996.
2.  Ibid., p. 227.
3. Termote, Marc, Perspectives démolinguistiques du Québec et de la région de Montréal à l’aube du XXIsiècle. Implications pour le français langue d’usage public, Conseil de la langue française, 1999, p. 195.



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