Logo du Culture et Communications.
 

Portrait de la situation linguistique

Une situation linguistique singulière

Le Québec compte, selon les données du dernier recensement canadien de 2011, un peu moins de 8 millions d’habitants, dont 78,9 % de francophones (langue maternelle), 8,3 % d’anglophones (langue maternelle) et 12,8 % d’allophones (personnes n’ayant ni le français ni l’anglais comme langue maternelle). Les francophones sont donc majoritaires sur le territoire du Québec. Ils sont toutefois minoritaires dans le reste du Canada (4,0 % de francophones, langue maternelle) ainsi que sur le continent nord-américain (2 %), où vivent plus de 300 millions d'anglophones.

Mentionnons aussi que la proportion de personnes dont le français est la langue maternelle ou la langue d’usage (langue parlée le plus souvent à la maison), continue de diminuer dans l’ensemble du Canada, passant de 22,1 % en 2006 à 21,7 % en 2011 pour la langue maternelle, et de 21,4 % en 2006 à 21 % en 2011 pour la langue d’usage. Cette baisse est également observable dans l'ensemble du Québec, dans la région métropolitaine de recensement de Montréal et dans l’île de Montréal.

La situation des francophones dans le contexte canadien confère donc une acuité particulière à la situation linguistique québécoise.

Pour des données statistiques détaillées sur la situation linguistique au Québec (incluant des données pour la région de Montréal) et au Canada, vous pouvez consulter le document Caractéristiques linguistiques des Canadiens, disponible sur le site de Statistique Canada.

Haut de page

Une situation linguistique documentée

Depuis l’adoption, en 1977, de la Charte de la langue française, des bilans périodiques ont été dressés pour connaître l’évolution de la situation linguistique québécoise.

En 1996, près de vingt ans après l’adoption de la Charte de la langue française, le gouvernement du Québec a procédé à un bilan actualisé et complet de l’évolution de la situation linguistique québécoise dans différents domaines.

Cela a donné lieu à la publication du Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français, langue commune – Enjeu de la société québécoise (22 mars 1996), dont les grandes conclusions indiquent des progrès concernant l’application des dispositions de la Charte, mais aussi des défis à relever en ce qui a trait à la généralisation de l’utilisation du français comme langue commune de la société québécoise ainsi qu'à la francisation des milieux de travail, particulièrement dans la région de Montréal. Certaines sections de ce rapport ont fait l'objet de fiches d'information et sont accessibles par lien hypertexte.

À la suite de ce rapport le gouvernement, souhaitant obtenir des données plus ciblées sur la francisation des entreprises, a mis sur pied un Groupe de travail tripartite sur la francisation des entreprises qui avait pour mandat de définir les objectifs que devrait poursuivre le gouvernement  en matière de francisation des entreprises de 10-49 personnes. Le Comité a déposé son rapport La francisation des entreprises – une responsabilité à partager (Rapport Grant) [PDF, 568 Kb, 45 p.] en décembre 1996.

Le gouvernement a également publié en 1996 une proposition de politique dans laquelle il présente les mesures et les actions qu’il souhaite mettre en œuvre pour relancer la politique québécoise de la langue française : Le français langue commune. Promouvoir l'usage et la qualité du français, langue officielle et langue commune du Québec. Cette proposition de politique linguistique peut être consultée intégralement en format PDF [230 Ko, 50 p.].

En avril 2000, un groupe de travail ministériel dépose un rapport Les défis de la langue française à Montréal et au Québec au XXIe siècle : constats et enjeux qui fait notamment état de l’impact majeur qu’auront l'introduction massive des nouvelles technologies de l’information et des communications ainsi que l’ouverture des marchés sur l'efficacité de la politique linguistique québécoise et sur le pouvoir d'attraction du français face à la concurrence omniprésente de la langue anglaise.

En juin 2000, le gouvernement crée la Commission des états généraux sur la situation et l'avenir de la langue française afin de faire le point sur la politique linguistique québécoise et de proposer des priorités d'action pour l'avenir de la langue française au Québec. À l’occasion de cette vaste consultation, 300 organismes, spécialistes, citoyens et citoyennes ont fait part de leurs réflexions et points de vue par écrit. Les mémoires soumis par les organismes sont disponibles en version PDF; à noter que les opinions émises n’engagent que leurs auteurs. Le rapport publié par cette commission, le 20 août 2001, Le français, une langue pour tout le monde [PDF, 1,18 Mo, 298 p.] et son résumé en anglais, French, a language for everyone, sont aussi disponibles en version PDF [76,5 Ko, 28 p.].

À la suite de ce rapport, le gouvernement du Québec, souhaitant actualiser la politique linguistique québécoise, a présenté le projet de loi 104 [PDF, 56 Ko, 16 p.] modifiant la Charte de la langue française qui sera adopté par l’Assemblée nationale juin 2002.

Depuis 2002, la Charte de la langue française ainsi modifiée confère désormais à l’Office québécois de la langue française la mission de surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec et d'en faire rapport au moins tous les cinq ans au ministre, notamment en ce qui a trait à l’usage et au statut de la langue française ainsi qu’aux comportements et attitudes des différents groupes linguistiques. Plusieurs rapports sont ainsi accessibles sur le site de l’Office, notamment le Rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec : suivi démolinguistique  [PDF, 2,5 Mo, 84 p.] publié en septembre 2011.

Haut de page

Un bilan positif et de nouveaux défis à relever

La situation du français au Québec a évolué de manière significative depuis quarante ans et, tout particulièrement, depuis l'adoption la Charte de la langue française, laquelle constitue l’élément central de la politique linguistique québécoise.

Au cours des trente-cinq dernières années d'application de la Charte, la situation du français a connu certains progrès au Québec :

  • l’affichage public et commercial a retrouvé un visage français, même s'il reste du travail à faire, particulièrement à Montréal;
  • les consommateurs et consommatrices francophones obtiennent plus de services qu'avant dans leur langue;
  • l’usage du français s’est accru dans les milieux de travail et dans la vie des entreprises;
  • la fréquentation de l’école française par les jeunes issus de l'immigration a augmenté, ce qui a favorisé leur intégration à la société québécoise majoritairement francophone;
  • les écarts de revenus et de statuts, autrefois défavorables aux francophones, se sont atténués.

Malgré les progrès observés pour faire progresser le français comme langue commune dans l’espace public, le Québec doit faire face à des défis nouveaux, particulièrement pour la langue du travail, du commerce et des affaires.

C'est pourquoi, en mars 2008, le gouvernement a lancé le programme « Réussir ensemble en français », visant les trois objectifs suivants :

  • donner un nouvel élan à la francisation des entreprises;
  • promouvoir l’utilisation de la langue française dans les commerces afin de mieux servir les consommateurs et les consommatrices;
  • valoriser l’utilisation d’une langue de qualité ainsi que la richesse et la vitalité de la langue française au Québec.

La francisation des milieux de travail québécois demeure vitale pour l’avenir du Québec. D’une part, parce que le fait de pouvoir réussir économiquement et socialement « en français » reste encore la plus grande motivation à apprendre et utiliser le français. D’autre part, parce que le droit de travailler en français est un des droits linguistiques fondamentaux des travailleuses et travailleurs québécois qui sont, pour la grande majorité, francophones.

C'est aussi pour ces raisons que le gouvernement du Québec et des gens d'affaires et partenaires socioéconomiques montréalais ont signé, lors du Rendez-vous des gens d'affaires et des partenaires socioéconomiques tenu en octobre 2008, une entente quinquennale visant à consolider la place du français dans les entreprises montréalaises de moins de 50 employés : Le français, notre affaire à tous – Stratégie commune d'intervention pour Montréal 2008-2013. Cette action conjointe vise particulièrement les petites entreprises, où l’on trouve en grand nombre une main-d’œuvre non francophone. Au terme de la Stratégie commune pour Montréal 2008-2013, il a été jugé essentiel de maintenir la concertation entre les différents acteurs socioéconomiques en matière de francisation; c'est pourquoi la Stratégie commune a été prolongée jusqu'en octobre 2015.

Pour en savoir davantage, on peut consulter à ce sujet le Rapport 2008-2013 de la Stratégie commune d'intervention pour Montréal.

 

Haut de page

 
 

Partager cette information

 
 
 

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2009