Logo du Culture et Communications.
 

Benoît Melançon, professeur et éditeur

André Belleau a été professeur et essayiste, après avoir été administrateur dans la fonction publique. Comme Georges-Émile Lapalme, Belleau était un homme de mots et un homme d’action. Il est l’auteur d’un des plus grands textes sur le statut de la langue française au Québec, « Pour un unilinguisme antinationaliste ».

Quand je veux expliquer ce que j’essaie de faire en matière de langue, j’ai toujours recours à la même phrase, que j’emprunte à ce texte de 1983 : « Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler. » Cette phrase, je l’ai mise sur la page d’accueil de mon blogue et je la cite dès que j’aborde les questions de langue, à l’université aussi bien que dans des interventions publiques, mais en la précisant légèrement : « Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin de tout le français pour parler. »

La langue, en effet, est vivante, et c’est cela qui m’intéresse en elle. Je ne suis pas de ceux qui vous diront que « le niveau baisse », que les enfants n’ont jamais aussi mal parlé, que le français ne cesse de perdre de sa « pureté ». En revanche, je ne dis pas non plus que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Le « jovialisme », pour utiliser un néologisme québécois, ne me convient pas plus que le catastrophisme.

Pour saisir la vie de la langue, j’ai choisi différents postes d’observation : la littérature, les médias, la publicité, la langue des jeunes — c’est grâce à mes fils que j’ai découvert que le « swag » était une qualité aujourd’hui recherchée, et parfaitement inaccessible pour quelqu’un de ma génération.

Ma langue, le français, me permet de parler. J’espère ne pas trop mal m’en servir, comme j’espère ne pas tenir sur elle le seul discours de la déploration. C’est peut-être cela que le jury des prix du Québec a voulu reconnaître en me remettant le prix Georges-Émile-Lapalme. C’est en tout cas ainsi que je reçois cet honneur.

 
 

Partager cette information

 
 
 

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2009