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Monique C. Cormier, terminologue et lexicographe (2009)

De ce côté-ci de l’Atlantique, la langue française ne peut s’épanouir avec plénitude nulle part ailleurs qu’au Québec. Cette immense terre au nord-est du continent américain est son lieu de prédilection. C’est ici que l’histoire lui a fait élire son domicile principal. La langue française a accepté cette offre, mais à deux grandes conditions. La première, c’est de lui laisser gagner le cœur et l’esprit de tous les habitants du Québec, quelle que soit leur origine, et d’investir tous les secteurs de l’activité humaine. En retour de quoi, elle nous donnerait tous les éléments pour comprendre l’univers, pour l’interpréter et pour agir sur lui. La seconde exigence de cette reine intransigeante, c’est que nous travaillions tous et toutes, sans jamais baisser la garde, à établir les conditions de son règne.

Ces conditions, nos pères et mères – acadiens, canadiens et québécois – en ont assuré le fondement, en transmettant le français à leurs nombreux enfants. Nous leur devons à eux d’abord que notre population ait dépassé le stade de la survie pour gagner celui de vivre en français, de la naissance à la mort, en terre d’Amérique. Comme ils l’ont fait, il nous revient, non pas de simplement réagir, mais d’accomplir des 
gestes qui ouvrent la voie à la langue française pour les générations à venir. À l’exemple de nos prédécesseurs, nous devons non seulement gérer le présent, mais parfaire ses fondements pour les prochaines décennies. En somme, plus encore que de le protéger, il nous faut propulser notre héritage français dans l’avenir. Cette responsabilité est tout autant individuelle que collective, comme les moyens à mettre en œuvre, qui doivent au besoin être réinventés suivant l’évolution du Québec et du monde. Réinventés, dis-je bien, et surtout, jamais affaiblis.

Le continent américain est immense, il peut faire vivre de concert et même en concurrence de nombreuses langues. Mais, tant l’harmonie du concert que le jeu de la concurrence exigent que le Québec porte, non pas comme un boulet, mais comme un signe identitaire distinctif, la langue française. Il lui faut faire voir à ses propres citoyens, comme à ceux et celles qui se joignent à nous, comme au monde entier, que le français grandit la personne qui en a la maîtrise. À cet égard, il ne faut pas craindre d’imaginer de nouvelles voies pour permettre à la langue française d’atteindre les esprits et les cœurs, comme elle le souhaite. Si vous saviez comme les Québécois sont disposés à répondre à toutes les initiatives en ce sens, pourvu qu’elles soient déterminées et pertinentes !

L’hommage qui m’échoit aujourd’hui n’aurait pas été possible sans de multiples appuis provenant de tous les milieux.

De l’Université de Montréal d’abord, un lieu d’épanouissement et de liberté peu commun pour qui veut prendre des initiatives en faveur du français, notamment. Je suis reconnaissante en particulier :
 
à madame Mireille Mathieu, aujourd’hui vice-rectrice aux relations internationales, qui, la première, au moment où elle était doyenne de la Faculté des arts et des sciences, a accepté d’ouvrir la discussion sur l’opportunité d’adopter une politique linguistique à l’Université de Montréal;

à monsieur Joseph Hubert, alors vice-doyen à la recherche, puis doyen de la Faculté des arts et des sciences, aujourd’hui vice-recteur à la recherche, qui m’a toujours encouragée dans mes travaux scientifiques et mes initiatives visant le transfert des connaissances au grand public;
 
à monsieur Jacques Frémont, actuellement provost et vice-recteur aux affaires académiques, qui, après avoir assuré la version définitive de la politique linguistique, l’a présentée et en a soutenu l’adoption auprès de l’Assemblée universitaire;

et à monsieur Richard Patry, alors directeur du Département de linguistique et de traduction, aujourd’hui vice-doyen à la Faculté des études supérieures et post-doctorales, mon allié indéfectible, qui m’a tant facilité la tâche par ses encouragements, ses décisions et ses interventions auprès de la direction.

Au gouvernement du Québec enfin, j’ai trouvé un appui précieux dans la personne de monsieur Guy Dumas, ancien sous-ministre associé responsable de l’application de la politique linguistique, qui a soutenu avec conviction plusieurs de mes actions, notamment les Journées québécoises des dictionnaires.

Je remercie enfin les personnes qui ont généreusement appuyé ma candidature au prix Georges-Émile-Lapalme ainsi que les membres du jury qui m’ont jugée digne de rejoindre les douze personnes à qui ce prix a été décerné depuis 1997, sans oublier l’équipe du Secrétariat des prix culturels du Québec.

Je ne saurais terminer cette liste de remerciements sans adresser ma plus profonde reconnaissance à celui qui partage ma vie depuis près de trente ans, mon mari, François Béland. Lui seul sait ce que je lui dois.

Sachez, madame la Ministre, que pour moi, il n’y a pas de plus grand honneur que celui qui vient du peuple québécois, que vous représentez ici aujourd’hui.

 
 

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