Logo du Culture et Communications.
 

Le français, langue officielle au Québec depuis 25 ans

30 juillet 1999

Québec, le 30 juillet 1999 – Le 31 juillet 1974 entrait en vigueur la Loi sur la langue officielle, projet de loi piloté par le ministre François Cloutier et adopté par l’Assemblée nationale sous le gouvernement libéral de monsieur Robert Bourassa. Pour la première fois, une loi reconnaissait le français comme langue officielle du Québec. S’inspirant des recommandations de la Commission Gendron qui, de 1968 à 1972, avait scruté la situation de la langue française au Québec et des travaux de l’Office de la langue française de 1970 à 1974, cette loi a identifié les secteurs où il était nécessaire que la loi intervienne, notamment l’accès à l’école de langue anglaise, les entreprises, le commerce et les affaires. La Commission Gendron avait identifié ces domaines comme ceux où la situation de la langue française était déficiente et où un redressement s’imposait. Déclarer le français, langue officielle au Québec, a été et demeure toujours le fondement de la revalorisation de la langue française au Québec.

La Charte de la langue française, proposée par le gouvernement du Parti québécois de monsieur René Lévesque et adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1977, s’est inspirée de la Loi sur la langue officielle pour généraliser l’usage du français dans tous les domaines de la vie publique.

À l’occasion du 25e anniversaire de l’entrée en vigueur de la Loi sur la langue officielle, la ministre responsable de la Charte de la langue française, madame Louise Beaudoin, a tenu à souligner les progrès accomplis par la langue française au Québec, depuis 1974. « Nous avons, collectivement, largement réussi à donner au français la place qui lui revient, mais nous devons cependant demeurer vigilants et nous rappeler que la situation linguistique qui prévaut actuellement est le résultat de ces efforts collectifs, qui se sont concrétisés par la mise en œuvre d’une véritable politique linguistique », a-t-elle déclaré.

Un peu d’histoire

Cette préoccupation linguistique n’était pas nouvelle en 1974, puisque la question de la langue se pose au Québec depuis le Traité de Paris, en 1763, alors que l’anglais devenait langue officielle et que le droit français cessait d’être en vigueur. Dès ce moment, la population française du Canada d’alors réclamait le droit de continuer à faire usage de la langue française, droit accordé par l’Acte de Québec en 1774. Depuis lors, la langue française demeure le pivot de la définition des Québécois comme peuple et du Québec comme société ouverte aux minorités parlant d’autres langues.

C’est à partir de la Révolution tranquille que l’opinion publique s’empara véritablement du dossier de la langue. Les partis politiques ont alors été amenés à définir leurs positions à l’égard du français et à proposer des mesures conséquentes une fois portés au pouvoir. Au Québec, le dossier de la politique linguistique est ainsi ouvert depuis plus de trente ans et trois lois se sont succédé rapidement : le 20 novembre 1969, le projet de loi 63, Loi pour promouvoir la langue française au Québec; le 31 juillet 1974, le projet de loi 22, Loi sur la langue officielle (du Québec); le 26 août 1977, le projet de loi 101, Charte de la langue française, dont le texte original a été modifié à plusieurs reprises.

Le sort du français toujours précaire au Québec

Si le Québec a dû se doter d’une telle législation pour préserver son identité, c’est que la situation de la langue française dans le grand ensemble nord-américain est précaire et doit faire l’objet d’une vigilance constante. En effet, les quelque six millions de Québécoises et de Québécois francophones, majoritaires à l’intérieur de leur territoire, constituent une petite minorité en Amérique du Nord.

Les Québécois sont entourés de 300 millions d’anglophones. La vigilance s’impose particulièrement dans la région métropolitaine de Montréal, où se concentrent la population anglophone et la grande majorité des immigrants. Par ailleurs, des réalités nouvelles touchant les technologies de l’information et l’internationalisation des échanges posent de nouveaux défis à l’emploi du français, non seulement au Québec mais dans tous les pays de la francophonie.

En 1974, la politique linguistique visait à protéger la langue française et à favoriser son épanouissement dans le contexte nord-américain, sans vouloir pour autant isoler le Québec. En 1999, ces objectifs demeurent, même si, en vingt-cinq ans, le dossier a accompli d’immenses progrès qu’il est bon de rappeler :

  • les francophones ont maintenant pris leur place sur le marché du travail, et les disparités salariales liées à la langue ont presque disparu;
  • l’école française est fréquentée par la grande majorité des jeunes immigrants;
  • la connaissance et l’usage du français chez les anglophones et les allophones se sont considérablement accrus;
  • l’usage du français parmi les travailleurs est beaucoup plus important et il tend à se généraliser dans la vie des entreprises;
  • les immigrants s’intègrent de plus en plus à la vie collective en français;
  • l’accueil et le service en français dans les commerces et les services sont presque partout assurés;
  • le français est généralisé dans l’affichage au Québec.

Le Québec peut être fier de ces résultats, mais l’avenir commande de demeurer vigilant, notamment pour maintenir la qualité de sa langue et protéger cet héritage distinctif qui contribue à enrichir la collectivité internationale. D’ailleurs, comme le mentionnait le Conseil de la langue française dans son Avis sur la situation linguistique : « Vivre en français en Amérique du Nord est à la fois une aventure difficile et un défi stimulant : c’est un choix personnel et collectif, dont la réalisation ne va pas toute seule. Il y a des gestes à poser chaque jour de façon consciente, dynamique et cohérente et nul ne peut se contenter d’être spectateur. »

 
 
 

Partager cette information

 
 
 

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2009