Logo du Culture et Communications.
 

Le point sur l’usage du français et de l’anglais dans les interactions publiques au Québec

8 décembre 2014

Le chercheur Michel Pagé signe une étude intitulée L’usage du français et de l’anglais par les Québécois dans les interactions publiques, portrait de 2010, diffusée aujourd’hui sur le site Web du Conseil supérieur de la langue française (CSLF). Les données analysées proviennent de l’enquête Conscience linguistique et usage du français (CLUF), réalisée par le CSLF en 2010. Ce sondage a permis d’interroger près de 7 000 Québécois adultes sur deux grands thèmes : l’importance et la priorité du français de même que l’usage du français et de l’anglais dans les interactions publiques.

Un premier fascicule, intitulé Importance et priorité du français pour la population québécoise : étude exploratoire (PDF, 796 Ko, 128 p.), a déjà été publié en 2012 sur le premier thème. Le fascicule publié aujourd’hui vise cette fois à rendre compte des résultats liés au second thème, soit l’usage du français et de l’anglais par la population québécoise dans les interactions hors du foyer et du cercle d’amis.

Faits saillants

La place du français dans les interactions publiques varie selon le lieu de résidence.

Le français, comme langue le plus souvent utilisée dans les interactions publiques, prédomine à l’échelle du Québec : on compte 82,5 % d’usagers du français, comparativement à 9,2 % d’usagers de l’anglais et à 8,4 % d’usagers du français et de l’anglais à égalité.

C’est sur l’île de Montréal qu’on trouve la proportion la moins importante de ceux qui utilisent le plus souvent le français dans les interactions publiques (61,5 %). On y trouve également la plus grande diversité linguistique.

Il y a un apport significatif des personnes de langue maternelle autre que le français à la vie publique en français sur l’île de Montréal.

Fait à noter, plus du tiers des résidents de l’île de Montréal qui utilisent principalement le français en public ne sont pas de langue maternelle (lm) française. En effet, 4,8 % de ces personnes sont des anglophones (lm), 23,0 % sont des allophones francotropes (lm) et 8,2 %, des allophones non francotropes (lm). Précision terminologique : les francotropes proviennent d’États et de gouvernements membres de la Francophonie ou de pays de langue officielle latine, excluant l’Italie, et de l’Algérie; les non-francotropes proviennent d’une variété de pays autres que ceux-là.

Par ailleurs, les données sur l’usage du français et de l’anglais à égalité permettent d’estimer le bassin d’usagers potentiels du français comme langue le plus souvent utilisée. Ces derniers connaissent le français; s’ils ne l’utilisent pas plus souvent, c’est sans doute parce que leur environnement linguistique ne les incite pas toujours à le faire.

Les orientations linguistiques des personnes bilingues français-anglais sont généralement favorables au français dans la sphère publique, mais contribuent aussi à l’usage de l’anglais.

En raison de la proportion importante de personnes bilingues français-anglais – plus de 50 % dans chacune des sous-populations analysées –, l’orientation linguistique de ces personnes bilingues est de nature à favoriser ou non la place du français dans les interactions publiques.

Parmi les francophones (lm) bilingues français-anglais qui résident dans l’île de Montréal, 7 sur 10 déclarent utiliser le plus souvent le français dans leurs interactions publiques; 2 sur 10, autant le français que l’anglais; et 1 sur 10, le plus souvent l’anglais.

Chez les anglophones (lm) bilingues français-anglais qui résident dans l’île de Montréal – soit 70 % des anglophones (lm) de ce territoire –, le français est la langue le plus souvent utilisée dans près de 30 % des cas, une proportion similaire à celle de l’usage à égalité du français et de l’anglais.

Quant aux allophones (lm) bilingues français-anglais, ils utilisent le plus souvent le français dans une proportion variant de 40 % à 60 % selon les sous-populations.

Le fait d’utiliser autant le français que l’anglais dans les interactions publiques est généralement associé, d’une part, à la perception d’une plus grande importance du français autant que de l’anglais et, d’autre part, à un plus faible accord avec la priorité du français.

Il existe des liens significatifs entre la langue des interactions publiques et l’importance relative accordée aux langues, d’une part, et la priorité accordée au français, d’autre part. Est-ce l’usage qui influence les perceptions, ou l’inverse? L’analyse présentée dans ce rapport ne présuppose pas le sens de cette relation. Mais on observe une tendance selon laquelle l’usage le plus souvent de l’anglais ou l’usage du français et de l’anglais à égalité semble lié à la perception que les deux langues sont également importantes. Cette tendance est aussi associée à un plus faible accord avec la priorité du français.

En somme, le français est la langue le plus souvent utilisée dans les interactions publiques à l'échelle du Québec. Il faut souligner l’apport significatif des personnes de langue maternelle autre que le français à la vie publique en français, notamment sur l’île de Montréal. Toutefois, des efforts supplémentaires doivent être consentis afin de consolider la place du français langue commune sur le territoire montréalais pour tous les Québécois et Québécoises, peu importe leur langue maternelle.

L’étude complète (PDF, 796 Ko, 128 p.) est accessible dans le site Web du CSLF.

 

SOURCE : Conseil supérieur de la langue française

 
 
 

Partager cette information

 
 
 

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2009