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Lise Bissonnette reçoit le prix Georges-Émile-Lapalme 2010

Lise Bissonnette - photo :Rémy Boily.

1 novembre 2010

Montréal, le 1er novembre 2010 – Le prix Georges-Émile-Lapalme 2010, la distinction la plus prestigieuse accordée par le gouvernement du Québec pour la promotion et le rayonnement de la langue française, est attribué à la journaliste et écrivaine Lise Bissonnette. La lauréate recevra son prix au cours d’une cérémonie officielle qui se déroulera le 9 novembre prochain à l’Assemblée nationale.

Née en Abitibi, Lise Bissonnette commence ses études secondaires à Rouyn-Noranda, à la fin des années 1950. Inscrite plus tard au baccalauréat en pédagogie à l’École normale de Hull, son début d’engagement dans les mouvements étudiants intimide suffisamment les religieuses pour que la jeune fille doive terminer ses cours… ailleurs. Installée dans la métropole, elle obtient une licence en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, où elle est aussi  une journaliste étudiante active. Elle s’inscrit en scolarité de doctorat  à Strasbourg puis à l’École Pratique des Hautes Études de Paris où elle explore les systèmes d’enseignement supérieur. À son retour en 1970, elle est intégrée à l’équipe de recherche institutionnelle de la toute nouvelle Université du Québec à Montréal.

Lise Bissonnette fait ses débuts comme journaliste au Devoir en 1974. Elle s’y révèle une analyste politique et culturelle redoutée, et sa voix publique devient incontournable. Sans relâche, elle y fait usage d’une langue journalistique riche, littéraire à sa façon, qui respire le plaisir des mots. De 1990 à 1998, elle est directrice et éditrice de cet influent journal. Elle y préside à une réforme en profondeur : renouvellement éditorial, redressement financier et design nouveau, souvent primé sur la scène internationale.

La journaliste s’exprime dans une langue libre et percutante, et tout empreinte d’élégance. Elle confie : « J’ai eu une approche oblique de la langue. Pour moi, une langue ne se défend pas seule. J’ai la conviction profonde que si tant de gens – de jeunes notamment – voient la défense du français au Québec comme un combat dépassé, c’est qu’on a proposé une conception trop étroite de la langue, réduite à sa fonction de communication. » Lise Bissonnette est l’auteure de trois essais, dont Des Lettres et des Saisons (2001), de quatre œuvres de fiction, parmi lesquelles Marie suivait l’été (1992) et La Flouve (2006), et d’un livre alliant ces deux genres littéraires. À trois reprises, elle a été en nomination pour le Prix du Gouverneur général du Canada, notamment à la suite de la parution de Quittes et Doubles : scènes de réciprocité (1997).

En juin 2009, Lise Bissonnette a quitté la présidence et la direction générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), au terme de trois mandats. Cette institution virtuelle hors les murs est devenue la plus importante institution culturelle du Québec, tant par sa taille que par la diversité de ses missions. « J’ai voulu faire ma part pour offrir des clés qui élargissent les horizons », dit la lauréate. « Dans ma vie de jeune femme, ces ouvertures me sont arrivées par accident. Je voulais que cet accès au vaste univers des idées, des connaissances soit plus systématique pour tout le monde. » Depuis 1998, Lise Bissonnette en avait dessiné l’énorme succès, supervisant la construction de la Grande Bibliothèque à Montréal et veillant à la constitution des collections documentaires. C’est sous sa gouverne que la Grande Bibliothèque a été fusionnée à la Bibliothèque nationale du Québec puis aux Archives nationales.

La contribution de Lise Bissonnette au débat d’idées et son engagement public lui ont attiré de nombreuses distinctions, dont huit doctorats honoris causa que lui ont décernés des universités du Québec, du Canada et des États-Unis. Officier de l’Ordre national du Québec, officier de la Légion d’honneur de France, Lise Bissonnette a également été décorée de l’Ordre de la Pléiade (Francophonie). Membre de l’Académie des lettres du Québec depuis 2004, elle a reçu le Prix de carrière de la Fondation pour le journalisme canadien et le Prix Hommage de l’Institut d’administration publique de Québec pour l’ensemble de son parcours professionnel. Elle est également la lauréate du prix Fleury-Mesplet 2009.

Lise Bissonnette est aujourd’hui inscrite au doctorat en lettres à l’Université de Montréal. « Pour les étudiants, je suis plutôt une inconnue, ce qui m’arrange, s’amuse-t-elle. J’éprouve toujours une sorte de griserie à circuler dans un grand lieu de savoir. Chaque fois que je prononce des conférences dans des universités, ici et ailleurs, j’éprouve une joie palpable : m’approprier une institution qu’on atteignait chez nous, il y a 50 ans, après un véritable parcours de combattant. »

Le prix Georges-Émile-Lapalme qui sera remis le 9 novembre rend hommage cette année à une figure prépondérante du domaine culturel, une femme d’idées et une bâtisseuse de premier plan dont l’engagement envers la culture québécoise et la langue française est remarquable. La lauréate se dit particulièrement émue de recevoir ce prix qui porte le nom d’un homme qu’elle admire et qui l’a beaucoup inspirée.

Le site Web www.prixduquebec.gouv.qc.ca proposera une entrevue exclusive avec la lauréate du prix Georges-Émile-Lapalme dès le 9 novembre.

 
 
 

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