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La mondialisation et la diversité linguistique : le nécessaire dialogue

20 juillet 2004

Allocution de monsieur Guy Dumas, sous-ministre associé responsable de l'application de la politique linguistique Gouvernement du Québec, au Congrès mondial des professeurs de français, Le français : le défi de la diversité, à Atlanta le 20 juillet 2004

Dans le contexte actuel de la mondialisation des échanges, la promotion de la diversité apparaît comme l'un des enjeux majeurs pour assurer le maintien et la sauvegarde des cultures et des langues du monde. À ce titre, le développement et la promotion du français s'inscrivent d'emblée à l'intérieur de ce défi afin que cette langue, que nous avons en partage, demeure une langue de communication internationale et qu'elle continue de jouer son rôle identitaire en tant que langue nationale dans plusieurs États.

Ce congrès est donc un lieu privilégié d'échanges d'expériences et d'expertises sur les différentes dimensions de cette diversité et sur la place que doit et peut occuper le français dans le monde. Il permet, tout particulièrement, d'apprécier votre point de vue, à titre de professeurs de français, en raison du rôle stratégique que vous jouez dans la transmission de cette langue partout à travers le monde, comme en témoigne d'ailleurs votre participation imposante.

Je veux souligner que la présence de représentants du gouvernement du Québec ici, à Atlanta, revêt un caractère symbolique au regard de l'épanouissement du fait français en Amérique. L'année 2004 marque en effet le 400e anniversaire de la présence française en Amérique et, en 2008, nous célébrerons le 400e anniversaire de la ville de Québec, site fondateur de la civilisation française en Amérique. Vous comprendrez donc que, pour le Québec, qui «a su maintenir sa langue et sa culture dans un environnement démographiquement difficile»1 et qui continue d'affirmer sa différence, la diversité culturelle et linguistique constitue un enjeu de taille.

Dans le cadre de ma présentation, je traiterai de problématiques engendrées par la nouvelle donne économique, de défis à relever et de pistes d'action pour préserver la diversité culturelle et linguistique de même que la diversité des politiques linguistiques, comme celle mise en oeuvre au Québec pour promouvoir le français. Considérant que l'enseignement constitue généralement un élément central de toute politique linguistique, je suis particulièrement sensible au privilège qui m'est offert de m'adresser à vous, en raison de la mission qui vous est impartie, en tant que professeurs, de motiver les étudiants à l'importance de l'apprentissage des connaissances et, de surcroît, en tant que professeurs de langue, de les inviter à s'ouvrir aux autres cultures et ainsi, à reconnaître l'importance et la nécessité de préserver la diversité culturelle.


1. Les nouveaux enjeux économique et technologique

Les dernières décennies ont été caractérisées par le décloisonnement et l'accélération des échanges, particulièrement dans le domaine économique, de même que par le développement croissant des nouvelles technologies de l'information.

La mondialisation n'est certes pas un phénomène nouveau. Cependant, le fait qu'elle soit aujourd'hui portée par des moyens de communication de grande diffusion augmente considérablement son ampleur, ses ramifications et ses impacts. Ainsi que l'écrivait fort justement Jean-Marie Klinkenberg2, dans son ouvrage La langue et le citoyen, «ce processus fait que dorénavant tous les producteurs et consommateurs de biens sont en contact direct les uns avec les autres, comme s'ils se trouvaient dans le même complexe commercial ou sur le même marché de la même grand-place. Situation qui stimule la concurrence […], mais situation qui exacerbe aussi la concurrence linguistique, puisqu'en multipliant les contacts entre les agents économiques, on multiplie du même coup les contacts entre leurs langues.» Klinkenberg a souligné aussi que jamais la concurrence entre les langues n'a été si forte et que certaines langues risquent bientôt de disparaître. Aussi, face à ce constat, il nous semble primordial de veiller à ce que les grandes langues de communication servent tantôt de langues partenaires, tantôt de langues pivot dans ce contexte d'échanges socioéconomiques mondiaux.

La mondialisation a certainement des effets positifs. Elle accroît notamment le développement et la diffusion de la connaissance. Cependant, elle soulève aussi des préoccupations nouvelles, dont celles de l'érosion possible des cultures et la crainte d'un nivellement linguistique.

Ces inquiétudes, partagées par de plus en plus d'États, sont en grande partie attribuées au fait que la gouvernance actuelle de la mondialisation «est généralement dominée par une culture empreinte de technicité économique»3 et qu'elle entraîne, de ce fait, une large subordination des dimensions culturelle et linguistique à l'économique.

Le respect et la défense de la diversité des cultures, ce qui, pour nombre d'États, évoque implicitement la défense des identités linguistiques, s'inscrit dans cette volonté de faire contrepoids à une mondialisation qui, si elle n'était pas maîtrisée, favoriserait l'uniformisation.


2. Le défi de la diversité culturelle

La mondialisation présente un double aspect : elle est porteuse «de potentialités d'expression et d'innovations inédites», mais aussi «de risques de marginalisation des cultures les plus vulnérables»4. Les accords commerciaux tendent en effet, de plus en plus, à remettre en question le soutien des États dans le domaine culturel en privilégiant la réduction des barrières au commerce et à l'investissement afin de stimuler les échanges et la croissance économique. Sont notamment considérées comme des barrières au commerce dans ce contexte par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) : les politiques culturelles et les diverses mesures de soutien à la culture telles que les quotas en radio-télévision, les aides aux industries culturelles, les limites à la propriété étrangère et la non-libéralisation des services audiovisuels.

C'est pourquoi, plusieurs États craignent que la seule application des règles du marché aux secteurs culturels mène à l'homogénéisation de la culture. Ces États considèrent que la production culturelle est indissociable de la cohésion sociale et de l'identité d'une société, tout comme c'est le cas d'ailleurs pour la langue. À leurs yeux, il est donc nécessaire de maintenir et de promouvoir la diversité culturelle afin que chaque culture continue de s'épanouir sur son propre territoire et que les États puissent exercer leur pleine autonomie en cette matière.

Face à ces enjeux, la Francophonie s'est fermement engagée, lors du Sommet de Beyrouth5, en 2002, en faveur du principe de la diversité culturelle et a donné son appui inconditionnel à l'élaboration d'un instrument international, juridiquement contraignant, pour préserver la pluralité des cultures. De même, en 2003, l'UNESCO, dans le prolongement des principes énoncés dans sa Déclaration universelle sur la diversité culturelle, adoptée en 2001, a décidé d'amorcer l'élaboration d'un projet de Convention sur la diversité des expressions culturelles en prévision de la Conférence générale de 2005.

C'est dans la perspective de l'adoption de cette convention, que les États et les gouvernements de la Francophonie, dont le Québec est un membre actif, se mobilisent, en partenariat étroit avec la société civile, pour que les diverses instances multilatérales et régionales reconnaissent l'importance de la diversité culturelle. On note d'ailleurs que cette mobilisation s'organise aussi dans d'autres aires linguistiques, notamment en Espagne, où le gouvernement entend jouer un rôle actif dans tous les forums traitant de la diversité culturelle et où vient d'être créée la Coalition espagnole pour la diversité culturelle.

Enfin, c'est dans cette mouvance qu'a aussi été adoptée la Déclaration sur la diversité culturelle6, à Mexico en 2003, par l'Organisation internationale de la Francophonie et ses partenaires des aires linguistiques lusophone et hispanophone, soit l'Organisation des États ibéro-américains pour l'éducation, la science et la culture (OEI)7 et l'Union Latine.


3. Le défi de la diversité linguistique

Liée intrinsèquement à la diversité culturelle, la conservation de la diversité linguistique est également, de plus en plus, une préoccupation largement partagée à travers le monde. On affirme même que «nous vivons à une époque dans l'histoire où les langues disparaissent le plus vite»8.

Certaines données sur la vitalité9 et la fragilité des langues sont révélatrices à cet égard :

La moitié des quelque 6 000 langues du monde voient le nombre de leurs locuteurs diminuer. 

96 % des langues du monde sont parlées par seulement environ 3 % de la population mondiale (et inversement 97 % de la population mondiale parlent environ 4 % des langues du monde). 

Les dix premières langues du monde quant au nombre de locuteurs, dont le français ne fait pas partie, mais qui comprennent, entre autres, le chinois, le hindi, l'espagnol et l'anglais, sont parlées par environ la moitié de la population du globe et ne représentent qu'un infime pourcentage des langues parlées10.

Un constat s'impose : l'hétérogénéité linguistique mondiale apparaît donc de plus en plus fragile et nécessite qu'on s'en préoccupe.

3.1 Poids relatif des langues

Les langues sont certes égales en dignité11. Cependant, elles n'exercent pas toutes les mêmes fonctions sociales, culturelles, communicationnelles et économiques. On sait, par exemple, que certaines langues sont plus aptes que d'autres à exprimer la modernité et occupent un poids économique plus grand.

L'anglais est devenu la langue globale du moment. Cela se mesure notamment par la multiplicité des sphères où il exerce son influence et par l'extension de son usage12. En effet, selon les données du British Council, plus de 1 milliard de personnes ont l'anglais comme langue maternelle, langue seconde ou langue étrangère.

En revanche, le français, comme l'a bien résumé Bernard Cerquiglini,  «n'est pas menacé dans sa vitalité, mais plutôt dans ses ambitions»13, dont celle de maintenir son statut de grande langue de communication au sein des organisations internationales, comme en témoignent, par exemple, les données sur le recul de la pratique du français même dans les institutions de l'Union européenne14.

Le français est parlé par plus de 200 millions de personnes dans le monde soit comme langue maternelle, langue seconde ou langue étrangère. Parmi les langues de rayonnement international, elle est parlée sur chaque continent, mais elle est aussi la langue seconde de choix après l'anglais dans tous les États du monde. La demande pour son apprentissage semble se maintenir à travers le monde et même augmenter notamment en Afrique anglophone15, en Inde et en Chine16. Outre le nombre de locuteurs, le statut d'une langue s'établit également en vertu de son rôle d'émancipation culturelle et économique de même que d'ouverture aux valeurs sociales. En ce sens, le français jouit encore de nombreux atouts. Nous avons appris hier que TV5 est maintenant le 2e réseau mondial, devant CNN et BBC World, quant à son taux de pénétration dans les foyers (165 millions).

3.2 Enseignement du français

Il n'en demeure pas moins que l'enseignement du français, en tant que langue étrangère, demeure un défi important notamment aux États-Unis, où l'on rapporte que les besoins en compétence linguistique dans des langues autres que l'anglais (Languages Other Than English, LOTE)17 sont très grands. Cela tant dans une optique de sécurité nationale que pour répondre aux intérêts économiques du pays. Il y a évidemment bien d'autres raisons d'apprendre une langue étrangère. Connaître une autre langue, c'est s'ouvrir à une autre culture, c'est avoir une autre vision du monde à travers, entre autres, sa littérature, son cinéma, sa presse, sa télévision, etc. Virginia Woolf, Tennessee Williams, Gabriel Garcia Marquez, Albert Camus, Anne Hébert ont tous quelque chose à nous apprendre. Vous, mesdames et messieurs les professeurs, membres de l'AATF (Association américaine de professeurs de français), et hôtes de ce congrès, qui formez la plus importante association consacrée à l'apprentissage du français aux États-Unis, vous connaissez certainement la hauteur de ce défi et particulièrement l'importance de promouvoir le français comme grande langue de culture et de civilisation, mais aussi comme langue ayant une utilité socioéconomique, surtout dans le contexte actuel d'ouverture des échanges. L'année des langues aux États-Unis18, en 2004-2005, constitue certes une occasion, comme le souhaite l'American Council on the Teaching of Foreign Languages, pour donner une impulsion nouvelle et revitaliser l'enseignement des langues étrangères et, du coup, renforcer la position du français à tous les niveaux d'enseignement.

Toujours sur le continent des Amériques, on observe l'émergence de nouvelles solidarités linguistiques comme en témoignent, par exemple, les États membres du MERCOSUR19, qui favorisent les échanges linguistiques entre l'espagnol et le portugais. Dans ce contexte, ne serait-il pas souhaitable, dans un esprit de latinité, de favoriser l'apprentissage du français comme troisième langue?

La Caraïbe20 est aussi un exemple intéressant de rapprochement linguistique où, là aussi, on souhaite éliminer les barrières linguistiques régionales par l'apprentissage d'une seconde et d'une troisième langue, en l'occurrence, l'anglais, l'espagnol et le français.

L'enseignement du français langue étrangère constitue un enjeu important non seulement dans les Amériques, mais aussi dans les pays de l'Union européenne élargie où il occupe, au niveau secondaire supérieur, la troisième position loin derrière l'anglais et l'allemand.

Bien sûr, ainsi que l'a récemment rappelé la ministre française déléguée aux Affaires européennes, madame Claudie Haigneré21, on ne peut convaincre nos partenaires d'apprendre le français si nous, les francophones, ne faisons pas aussi l'effort de nous ouvrir aux autres langues.

Il importe donc de valoriser le plurilinguisme individuel et de promouvoir l'enseignement des langues étrangères, en misant sur une diversification de l'offre, de manière à ce que les politiques d'enseignement des langues étrangères ne soient pas axées sur l'anglais seul, en tant que deuxième langue, mais sur d'autres langues également22.

Enfin, il faut aussi mentionner le défi que représente l'enseignement du français en Asie, en Amérique latine et en Afrique. D'ailleurs, soulignons que l'enseignement du français tend à s'inscrire désormais en Afrique francophone à l'intérieur d'un partenariat entre les langues nationales identitaires et le français en tant que langue véhiculaire. Cette idée de partenariat a clairement émergé des États généraux de l'enseignement du français en Afrique subsaharienne francophone, organisés à Libreville (Gabon) en 2003, notamment avec la collaboration de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF). L'expérience du Mali illustre bien ce partenariat. En effet, outre les écoles dans lesquelles le français est la langue d'enseignement pendant tout le cursus scolaire, on y trouve des écoles expérimentales de deux types : celles où les trois premières années d'enseignement sont en bambara et le reste du cursus en français et celles pratiquant l'enseignement concomitant du français et du bambara (pédagogie convergente)23.

Les différents contextes d'enseignement du français, que j'ai brièvement exposés, appellent des stratégies diversifiées pour adapter l'offre à la demande, mais aussi pour stimuler la demande. Outre le développement et la mise en œuvre d'actions pédagogiques ciblées, il est une stratégie qui s'impose pour le rayonnement du français : celle de la diffusion dans le cyberespace.

3.3 Stratégie de diffusion dans le cyberespace

En effet, l'avenir de plusieurs langues, et c'est particulièrement le cas du français, dépendra, dans une large mesure, du volume et de la qualité des contenus culturels, sociaux, scientifiques et économiques que l'on trouvera dans les inforoutes et les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

C'est dans une perspective de coexistence plutôt que de simple concurrence des langues que l'on doit désormais envisager le développement et la diffusion du français afin qu'il puisse maintenir son statut de langue internationale et réussir à conserver et démontrer son utilité comme langue de l'économie, du travail, du commerce, de la science et de la culture.

Le réseau Internet se développe dans un nombre de plus en plus grand de langues et cela a pour conséquence d'accroître le nombre d'internautes locuteurs de ces mêmes langues. C'est ce qui explique notamment que des données récentes sur la langue utilisée par les internautes, compilées par Global Reach24 en mars 2004, font ressortir que la proportion des internautes utilisant l'anglais diminue, passant de 40 % en 2002 à 36 % en 2004, alors que 20 % des internautes utilisent les langues latines (espagnol, français, portugais et italien). Il ressort aussi que parmi les langues latines, l'utilisation de l'espagnol est en constante progression (de 7 % en 2002 à 9 % en 2004), tandis que celle du français semble plutôt stagner autour de 4 %.25

Il y a donc lieu de poursuivre des efforts concertés entre les différentes aires linguistiques pour que le multilinguisme progresse dans le cyberespace.

Enfin, des observateurs bien optimistes voient s'ériger une nouvelle «tour de Babel numérique, où toutes les langues, même les plus minoritaires, trouveront une place et une chance de survie, voire de promotion». Selon eux, les nouvelles technologies numériques constituent une occasion unique pour permettre «la mise en contact des langues et des cultures jadis en silos».26 Malgré ces prévisions, le défi de la numérisation des langues demeure important.

3.4 Le nivellement linguistique

Toujours dans le cadre de la mondialisation des échanges, il appert que ce ne sont pas uniquement les langues dites minoritaires qui sont menacées, mais aussi les langues nationales27, et ce, au profit d'une langue globale, je vous laisse deviner laquelle!

Diverses études et analyses sur les enjeux linguistiques de la mondialisation28, dont celles de Claude Truchot29 sur la dynamique des langues dans le contexte de l'Union européenne, ont fait état de la nature et de la portée des répercussions linguistiques de ce processus.

Selon ses observations, les différents processus d'internationalisation, tant dans les domaines du savoir (science), de l'entreprise (travail) que de la consommation (l'individu au quotidien), ont des effets négatifs sur «les fonctions des langues, particulièrement sur celles des langues nationales».

D'ailleurs, un certain nombre de décisions30 prises par la Commission des Communautés européennes et la Cour de justice des Communautés européennes ont tendance à associer des mesures de protection linguistique à des entraves à la libre circulation des biens et des services. Ce qui est de nature à rendre plus difficile la gestion des langues nationales au sein même des États.

Dans cette optique, toute politique linguistique, explicite ou implicite, d'un État peut se révéler avoir des répercussions sur la libre circulation des biens et des services. On pense par, exemple, à des mesures touchant l'étiquetage des produits de consommation et la publicité ou encore à des mesures imposant des exigences linguistiques pour l'exercice d'un métier ou d'une profession31.

Par ailleurs, dans le domaine particulier de l'internationalisation du commerce, les langues sont de plus en plus bousculées en raison de la multiplication des entreprises multinationales et transnationales qui poussent à l'homogénéisation. Cela provoque forcément des tensions entre les exigences linguistiques nationales et les exigences transnationales32.

En effet, ce processus n'est pas sans avoir des incidences sur la maîtrise et la vitalité de la langue des travailleurs et, à terme, des conséquences d'ordre social qui risquent de se répercuter à divers niveaux, soit : l'embauche, la promotion, la formation professionnelle et la rémunération des travailleurs.

La nature humaine étant ce qu'elle est, il est clair que si une langue nationale, et peu importe laquelle, ne contribue pas à la réussite sociale et économique des citoyens, son avenir demeure forcément limité.

La domination de l'anglais, comme langue véhiculaire dans le cadre de la mondialisation, force donc plusieurs États à s'interroger sur la place qu'occupent et que devront occuper les langues nationales dans le monde et plus particulièrement celles en usage dans leur territoire.

Le Québec est fondamentalement concerné par cette problématique, en raison particulièrement de son statut de province majoritairement francophone (81,4 % de francophones de langue maternelle) au sein d'un État fédéral majoritairement anglophone sur le continent nord-américain où vivent quelque 300 millions d'anglophones.

Le Québec doit en effet composer avec les forces des marchés linguistiques du Canada et des États-Unis qui favorisent l'usage de l'anglais et relever le défi de maintenir une société francophone dans ce vaste ensemble continental. À la concurrence linguistique interne du français et de l'anglais, particulière au Québec, s'ajoute désormais la concurrence linguistique externe, où l'anglais s'impose de plus en plus comme standard international33.

Et ce défi est de taille car, au cours des cinquante dernières années, la fraction représentée par le Québec dans la population canadienne n'a cessé de diminuer, passant de 28,9 % en 1951 à 24, 2 % de la population du Canada en 2001.

De même, depuis 1951, la proportion de francophones de langue maternelle au sein de la population canadienne a diminué de façon constante, si bien que les francophones, qui représentaient 29 % de la population canadienne en 1951, ne comptent plus, selon le recensement de 2001, que pour 22,9 % de la population du Canada.

Voilà l'un des principaux facteurs qui incite le Québec à promouvoir et à maintenir le statut du français. Il a été jugé nécessaire en effet de rétablir une certaine forme d'équilibre pour permettre aux francophones d'y vivre et d'y travailler en français, comme les anglophones peuvent le faire en anglais dans le reste du Canada.

Dans des situations, comme celle qui prévaut au Québec, la politique linguistique ne vise pas à supprimer la concurrence entre les langues en présence, mais à la contenir.34


4. La diversité des politiques linguistiques

Dans tout contexte où il y a contact entre des langues, le respect de la diversité linguistique appelle la mise en œuvre de politiques linguistiques adaptées à chaque situation sociolinguistique particulière. Les politiques linguistiques sont donc singulières tant par leur nature que dans leur application. Elles se fondent sur différents principes, dont celui de la territorialité, qui reconnaît les droits linguistiques territoriaux (comme c'est le cas pour la Suisse et la Belgique), ou celui de la personnalité, qui repose sur le libre choix de la langue de l'individu35 (comme c'est le cas, par exemple, dans une certaine mesure au Canada), ou encore sur une combinaison des deux principes. Une politique linguistique peut ne comporter qu'un ensemble de règles administratives. Mais elle peut aussi être mise en œuvre dans le cadre d'un dispositif législatif qui délimite l'utilisation de la langue ou des langues en présence selon les fonctions qu'elles exercent et selon les domaines d'utilisation qu'il s'agisse, par exemple, des domaines de l'éducation, du travail, du commerce.

De manière générale, une politique linguistique répond à deux objectifs sociaux distincts, étroitement liés l'un à l'autre. D'une part, la valorisation et la promotion d'une ou de certaines langues, et, d'autre part, l'aménagement des relations, et souvent de la concurrence, entre les langues en présence.

Il appartient d'abord aux États de prendre les mesures nécessaires pour que les langues nationales maintiennent leur vitalité et de concevoir, en conséquence, des aménagements linguistiques appropriés selon les objectifs recherchés36. On peut vouloir :

valoriser et promouvoir l'usage d'une langue (c'est le cas, par exemple, des langues baltes, du français au Québec, du sango en Centrafrique, du catalan en Catalogne); 

faire respecter les droits des minorités linguistiques (c'est le cas, par exemple, de la Suède et de la Finlande); 

assurer la survie de langues menacées (par exemple, les langues amérindiennes au Canada); 

ou réhabiliter une langue (par exemple, le cas de l'hébreu en Israël).

Précisons toutefois que le fait pour un État de ne pas avoir de politique linguistique explicite constitue un choix linguistique tout aussi affirmé de valorisation d'une langue37. Par exemple, des États tels le Japon, le Royaume-Uni et l'Australie ont choisi de ne pas se donner de loi linguistique pour baliser les rapports entre les langues présentes sur leur territoire. Comme il n'existe pratiquement aucun État unilingue, au sens où tous les citoyens partagent une seule et même langue, ces États ont donc choisi de traiter de façon implicite les questions relatives à la langue dans laquelle ils communiquent avec leurs citoyens, et, dans la plupart des cas, ils n'utilisent qu'une seule langue de communication sur le plan national. Notons par ailleurs, que plus de deux cents États se sont dotés de clauses linguistiques dans leur constitution ou bien ont adopté des lois linguistiques pour gérer la question du plurilinguisme.

Dans un monde où les pays deviennent de plus en plus interdépendants, la gestion des politiques linguistiques nationales devient plus complexe et difficile pour les États qui veulent préserver leur capacité de protéger leurs langues nationales.

Cette problématique s'applique aussi au Québec dans la gestion de sa politique linguistique. J'aimerais vous en décrire brièvement les points saillants.


5. La politique linguistique du Québec et les nouveaux enjeux socioéconomiques de la mondialisation

Rappelons tout d'abord que la politique linguistique mise en place au Québec, il y a plus de trente ans, dans ses domaines de compétences, et prenant en compte diverses exigences découlant de la constitution canadienne, répond aux objectifs sociaux précédemment cités. Elle retient comme objectifs de définir, sur son territoire, le statut du français et d'aménager ses relations avec la langue anglaise, les langues autochtones et les langues d'immigration.

Cette politique fait du français la langue officielle du Québec et langue commune de la vie publique. Le postulat fondamental qui anime la politique linguistique québécoise est que si le français doit survivre et s'épanouir sur le continent nord-américain, cela ne peut se faire qu'en lui donnant le maximum de chance et de protection au Québec, seul territoire où il est la langue de la majorité de la population. Cela afin qu'il y devienne un instrument de communication publique utile pour tous et qu'il soit ainsi la langue commune servant naturellement de moyen de communication publique entre les Québécois et les Québécoises de toute langue et de toute origine. Cet objectif central fait d'ailleurs l'objet d'un large consensus politique et social.

Cette politique intègre des préoccupations liées à divers objectifs dont celui de la cohésion sociale, de la protection du consommateur; du respect et de l'épanouissement des minorités culturelles au Québec ainsi que celui du libre choix de la langue dans les communications privées.

La Charte de la langue française, c'est-à-dire la loi qui constitue l'assise principale de la politique linguistique, intervient dans l'aménagement linguistique des rapports sociaux et touche les domaines qui peuvent influer sur le statut socioéconomique du français que l'on cherche à affirmer, à savoir : les domaines de la législation et de la justice, de l'Administration publique, des organismes parapublics, du travail, des échanges commerciaux ainsi que de l'enseignement.

La politique linguistique québécoise, tout en faisant la promotion du français, n'a toutefois pas un caractère monolithique d'unilinguisme, bien que des perceptions erronées et certains mythes perdurent à ce propos, notamment aux États-Unis ainsi que l'a révélé une enquête que nous avons menée auprès de leaders d'opinion dans quatre grandes villes américaines, dont d'ailleurs Atlanta. Voici quelques exemples des perceptions fausses des participants des groupes de discussion (focus groups) à l'égard de la politique linguistique québécoise :

Les anglophones ne peuvent vivre en anglais au Québec. 

L'école publique est uniquement française et les anglophones n'ont accès qu'à des écoles privées ou bilingues. 

En matière de justice, l'accusé a droit à un avocat qui parle anglais mais pas beaucoup plus. 

L'anglais est interdit dans l'affichage sinon c'est la prison.

Cependant, lorsqu'on expliquait aux participants la teneur véritable de la politique linguistique québécoise, on constatait que plusieurs fausses perceptions tombaient une à une; les participants affirmant alors que les différentes mesures leur paraissaient plutôt équilibrées.

La politique linguistique québécoise cherche en effet à maintenir un équilibre entre, d'une part, l'affirmation claire du caractère français de la société québécoise majoritairement francophone (81,4% de la population) et, d'autre part, le respect des communautés anglophones (8,3% de la population), allophones (10,3 %) et autochtones (1,1 % de la population) qui cohabitent sur son territoire.

Cette philosophie est traduite dans la Charte par des mesures qui prônent l'utilisation du français, mais qui permettent aussi l'utilisation d'autres langues. À titre d'exemple, la Charte :

permet l'emploi du français ou de l'anglais devant les tribunaux du Québec; 

consacre le bilinguisme législatif; 

garantit le droit à l'enseignement en anglais à la minorité anglophone; 

reconnaît à toute personne d'expression anglaise le droit de recevoir en langue anglaise des services de santé et des services sociaux; 

assure le respect des institutions de la communauté québécoise d'expression anglaise; 

reconnaît aux Amérindiens et aux Inuits du Québec, en tant que descendants des premiers habitants du pays, le droit de maintenir et de développer leur langue et leur culture d'origine; 

permet à l'Administration publique de communiquer en d'autres langues que le français avec tout citoyen; 

permet, en matière d'étiquetage des biens de consommation, la présence d'une autre langue en autant que le français occupe une place équivalente; 

permet l'affichage et la publicité commerciale en français et dans d'autres langues pourvu que le français y prédomine.

L'équilibre linguistique atteint demeure toutefois encore fragile et précaire étant donné les pressions diverses qui continuent de s'exercer quotidiennement sur la langue française au Québec.


6. Le défi du français dans les Amériques

Par sa situation géopolitique, le Québec, qui a fait le choix du libre-échange, est tout particulièrement préoccupé par la place qu'occupera le français dans le contexte d'intégration économique des Amériques. À l'instar de ce que vit l'Europe, cette intégration à venir imposera forcément de nouvelles exigences linguistiques qui fragiliseront l'équilibre des langues des quatre principaux groupes linguistiques qui n'ont pas tous le même poids. Les statistiques parlent d'elles-mêmes : 40 % des locuteurs sont de langue espagnole, 38 % de langue anglaise, 20 % de langue portugaise et moins de 2 % de langue française.

Voilà pourquoi le Québec cherche à préserver son droit de promouvoir le français, langue officielle sur son territoire, tout en maintenant son ouverture sur les autres langues. Il souhaite donc que l'espagnol, le portugais, l'anglais et le français jouissent d'un statut comparable dans les organisations interaméricaines. Il préconise aussi le multilinguisme dans le domaine commercial car, il importe plus que jamais que les exigences linguistiques visant à protéger les consommateurs de chacun de nos États soient respectées par les entreprises qui y feront commerce.

À cet égard, mentionnons aussi que la question des normes techniques et des standards n'échappe pas à nos préoccupations car, ils ne sont pas neutres au regard des langues et des cultures.

Le Québec valorise également le plurilinguisme. L'introduction de l'apprentissage des quatre langues officielles des Amériques dans les programmes éducatifs de nos États constitue en effet un objectif vers lequel il nous faut tendre puisqu'il renforcerait les liens de solidarité entre nos peuples pour les générations à venir.

En ce qui concerne la politique linguistique éducative, et plus particulièrement la valorisation du plurilinguisme individuel, le ministère de l'Éducation du Québec a commencé à appuyer et à développer des programmes d'enseignement obligatoires d'au moins deux langues secondes ou étrangères dans l'éducation scolaire. Dans ce contexte, outre l'anglais, le ministère entend donner priorité aux langues parlées au sein du continent interaméricain, bien sûr l'espagnol et le portugais.

De plus, dans cet appui à la diversité linguistique, l'Office québécois de la langue française, qui est le principal acteur dans l'application de la Charte de la langue française, s'est donné une stratégie de développement terminologique axée en priorité sur les Amériques. Il a ainsi choisi de promouvoir et de diffuser, en français et dans les trois autres langues des Amériques, les terminologies prioritaires du processus d'intégration au moyen de sa banque de terminologie, appelée Le Grand dictionnaire terminologique. Cette banque renferme actuellement quelque 3 millions de termes français et anglais et reçoit annuellement environ 50 millions d'interrogations dont la moitié proviennent de l'Europe et d'ailleurs dans le monde. Il est intéressant de souligner que le contenu de cette banque reflète les différents usages du français en tenant compte prioritairement de ceux qui sont propres au Québec.

6.1 Diversité et aussi variation linguistique

Ce qui m'amène, après avoir brossé à grands traits les défis que soulève, entre autres, la diversité linguistique, à aborder cette question sous l'angle plus spécifique de la variation linguistique, c'est-à-dire de la diversité à l'intérieur d'une même langue.

Toute langue est un moyen d'expression relativement flexible, apte à s'adapter aux diverses conditions de vie de ses locuteurs. Ce phénomène, que l'on appelle la variation linguistique, est donc inhérent à toute langue, la preuve de sa vitalité. Et partout, les diverses variétés d'une même langue sont hiérarchisées, font l'objet de jugements plus ou moins favorables, que les locuteurs intériorisent et reproduisent très tôt. C'est pourquoi, tout en affirmant l'importance de reconnaître la pluralité des langues, il importe, et cela est vrai pour plusieurs d'entre elles, que l'on prenne en compte la diversité des usages qui se développent dans les différents contextes où elles sont parlées.

Par exemple, dans les Amériques, l'espagnol, l'anglais et le portugais se sont développés différemment de leur langue source venue d'Europe. Cette évolution a fait naître des variétés distinctes et originales, adaptées aux nouveaux contextes géographiques, politiques, culturels et sociaux de leurs locuteurs. C'est ainsi que l'on parle de l'espagnol mexicain, de l'anglais américain et du portugais brésilien.

Il en est de même de la langue française. Tout locuteur francophone, qu'il soit Français (de Paris ou de Marseille), Belge (de Bruxelles ou de Namur), Québécois (de Montréal ou de Sherbrooke), ou Africain (du Maroc ou du Sénégal), parle le français, mais un français nécessairement marqué par des mots, un accent, des tournures du pays où il est né et où il vit. Cette approche variationniste affirme d'abord l'unicité de la langue française, mais reconnaît l'existence de variétés distinctes et légitimes dans les différents territoires où elle est parlée.

Depuis son installation au Québec, le français s'est développé parallèlement au français de France au point d'être aujourd'hui reconnu, de plus en plus, comme une nouvelle variété nationale : le français québécois. Il s'agit d'une variété autonome et originale de français, qui présente des écarts par rapport au français hexagonal. Ces écarts concernent essentiellement le lexique et la phonétique et non pas la morphologie et la syntaxe, ce qui n'empêche pas l'intercompréhension avec les autres locuteurs du français ailleurs dans le monde. Toutefois, des traits lexicaux demeurent propres au français en usage au Québec pour, entre autres, pouvoir nommer sa flore, sa faune, ses institutions, etc.

Cette reconnaissance de la variation linguistique pose obligatoirement la question de la norme. C'est pourquoi, très tôt dans leur histoire, les États-Unis ont jugé suffisamment distincte leur variété d'anglais pour élaborer leur propre dictionnaire. Plus récemment, le Mexique et le Brésil ont fait de même pour leur variété respective d'espagnol et de portugais.

C'est dans ce même esprit de description des particularités propres au français du Québec que des travaux, portant à la fois sur l'origine et sur l'état actuel de la langue, sont en cours dans les universités québécoises.

Comme le rappelait récemment le Secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophone, M. Abdou Diouf, à l'occasion d'une conférence qu'il prononçait à l'Institut d'Études politiques de Paris sur La Francophonie d'aujourd'hui : «Il n'existe pas une seule langue française qui serait figée dans je ne sais quel dictionnaire immuable. Le français du Québec n'est pas exactement celui du Sénégal qui n'est pas exactement celui de France».38

Notre variété, comme toutes les variétés de la Francophonie, constitue un enrichissement pour le français dans sa globalité. Je vous invite à en découvrir l'originalité ainsi que les particularités et à les mieux faire connaître dans le contexte de votre enseignement.


Conclusion

En guise de conclusion, j'aimerais rappeler que les défis que pose la mondialisation pour le maintien du français comme langue internationale commandent à la Francophonie - aux francophones, aux francophiles et aux professeurs de français - de se mobiliser plus que jamais pour consolider le statut du français et contrer l'uniformisation.

À l'instar de la promotion de la diversité culturelle, la promotion de la diversité linguistique, qui y est sous-jacente, doit constituer pour les États un champ d'intervention prioritaire afin qu'ils préservent leur capacité de mettre en œuvre des politiques linguistiques adaptées à leur situation socio-politique particulière.

Cette responsabilité qui incombe avant tout aux États, doit être appuyée par diverses organisations multilatérales, notamment par la Francophonie.

La Francophonie doit tout particulièrement poursuivre ses actions de façon concertée avec des partenaires d'autres aires linguistiques, par exemple lusophones et hispanophones, sur le plan supranational, y compris dans les Amériques, afin de promouvoir le pluralisme linguistique. De cette manière, la promotion du français se réalise à l'intérieur d'actions solidaires d'appui aux autres langues. Pensons juste au poids que peut représenter la réunion de trois aires linguistiques - la francophonie, la lusophonie et l'hispanophonie - composées de 79 États et gouvernements et représentant 1, 263 milliard de personnes sur les 5 continents.

Enfin, au-delà des actions gouvernementales et politiques, il importe de pouvoir compter sur l'apport des actions de terrain, comme celles menées par la Fédération internationale des professeurs de français, qui sont essentielles à la consolidation du statut du français, langue commune de la modernité que nous partageons tous.

J'aimerais en terminant rappeler l'engagement du Québec en faveur de la diversité culturelle et linguistique en reprenant un extrait du préambule de la Charte de la langue française, adoptée en 1977, qui affirme que les principes qui président à notre législation linguistique, et je cite, «s'inscrivent dans le mouvement universel de revalorisation des cultures nationales qui confère à chaque peuple l'obligation d'apporter une contribution particulière à la communauté internationale».

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(1) LE FIGARO, 3 mai 2004, Propos recueillis auprès du Premier ministre du Québec, M. Jean Charest, par Charles Lambroschini.
(2) KLINKENBERG, Jean-Marie (2001). La langue et le citoyen. Paris, coll. La politique éclatée, Presses Universitaires de France, p.85 et 86
(3) SCHOLTE, Jan Aart (2003). Démocratiser la mondialisation économique. Le rôle de la société civile, Centre pour l'étude de la mondialisation et de la régionalisation, Coventry, Université de Warwick, p.35.
(4) L'UNESCO et la question de la diversité culturelle : bilan et stratégies, 1946-2003, p.21.
(5) Déclaration de Beyrouth adoptée le 20 octobre 2002.
(6) Adoptée lors du IIe Colloque des trois espaces linguistiques, Mexico, 2 au 4 avril 2003.
(7) Organisation qui regroupe une vingtaine de pays latino-américains, en plus de l'Espagne et du Portugal.
(8) SKUTNABB-KANGAS, Tove (2002). Pourquoi préserver et favoriser la diversité linguistique en Europe? Guide pour l'élaboration des politiques linguistiques éducatives en Europe - De la diversité linguistique à l'éducation plurilingue, étude de référence, Strasbourg, Conseil de l'Europe, p.8.
(9) Groupe d'experts spécial sur les langues menacées de la Section du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO (2003). Vitalité et disparition des langues, Paris, 10 mars 2003, p.1.
(10) SKUTNABB-KANGAS, Tove (2002). op. cit., p.7.
(11) RENARD, Raymond (2000). Une éthique pour la francophonie, questions de politique linguistique, Paris, Didier Érudition, p. 51.
(12) GRADDOL, David (1997, 2000). The Future of English?, London, British Council. http://www.archipress.org/levy/cyberculture/cybercult.htm
(13) CERQUIGLINI, Bernard (2003). « L'exclusion sociale commence par l'exclusion linguistique », Le Monde des livres, 13 mars 2003.
(14) Notamment les données sur les langues de rédaction d'origine des documents du Conseil de l'Union européenne, dans : BULLETIN QUOTIDIEN, mercredi 25 juin 2003, p.28-30.
(15) Haut Conseil de la Francophonie (2001). État de la Francophonie dans le monde, Données 1999-2000, Paris, La Documentation française, p.580.
(16) DIOUF, Abdou, (2004). Conférence à l'Institut d'Études politiques de Paris sur « La Francophonie d'aujourd'hui », Paris, le vendredi 23 janvier 2004.
(17) BRECHT, Richard D. et William P. RIVERS (2002). « The Language crisis in the United States: Language, National Security and the Federal Role », dans : « Language Policy : Lessons from Global Models », Steven J. Baker (ed.), Monterey, Monterey Institute of International Studies, p. 76.
(18) Activité parrainée par l'American Council on the Teaching of Foreign Languages qui se déroulera de novembre 2004 à décembre 2005 [www.yearoflanguages.org].
(19) CONSEIL DE LA LANGUE FRANÇAISE (2001). Les enjeux et les défis linguistiques de l'intégration des Amériques, Avis, Québec, Conseil de la langue française, p. 11 - 13.
(20) Ibid., p. 14 et 15.
(21) L'éditorial du Figaro, débats et opinions, 17 juin 2004.
(22) GRIN, François (2002). L'économie de la langue et de l'éducation dans la politique d'enseignement des langues, Guide pour l'élaboration des politiques linguistiques éducatives en Europe - De la diversité linguistique à l'éducation plurilingue, étude de référence, Strasbourg, Conseil de l'Europe, p. 34.
(23) CONSEIL CONSULTATIF DE L'ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE (2003). La Francophonie dans le monde 2002-2003, Paris, Larousse, p. 127.
(24) GLOBAL REACH. Global Internet Statistics (by Language), mars 2004, [en ligne référence du 10 juillet 2004]. http://www.global-reach.biz/globstats/index.php3
(25) Lire notamment l'étude réalisée pour l'INTIF (Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et de la formation), par l'Association Réseaux & Développement (FUNREDES), décembre 2002 , [en ligne référence du 10 juillet 2004] http://www.unilat.org/dtil/LI/2002/fr/index.htm
(26) FISCHER, Hervé (2004). La planète hyper. De la pensée linéaire à la pensée en arabesque, Montréal, VLB éditeur, p.163-165.
(27) WEBER. R. (1998). « Un nouvel avantage comparatif : la compétitivité linguistique et culturelle » dans : Les assises de l'enseignement du français et en français, en ligne, Montréal, Éditions Aupelf-Uref.
(28) Voir CONSEIL DE LA LANGUE FRANÇAISE, Langues nationale et mondialisation : enjeux et défis pour le français, Actes du séminaire, Québec, octobre 1994.
(29) TRUCHOT, Claude (1994). L'internationalisation et les langues, effets et enjeux linguistiques de la mondialisation des échanges, dans : les actes du Séminaire Langues nationale et mondialisation : enjeux et défis pour le français, p. 41-65.
(30) Lire à ce sujet : MAURAIS, Jacques (2003). « Equality, Maintenance, Globalization : Lessons from Canada », dans : Reagan, Timothy et Tonkin, Humphrey (eds.), Language in the Twenty-First Century, John Benjamins, Londres et Amsterdam.
(31) BERNIER, Ivan (2001). La préservation de la diversité linguistique à l'heure de la mondialisation, Québec, ministère de la Culture et des Communications, p. 22.
(32) Lire à ce sujet : SALES, Arnaud (2004). « L'État-nation, les entreprises transnationales et la question linguistique dans une économie globalisée », dans : Les pratiques linguistiques dans les entreprises à vocation internationales, Actes du colloque tenu les 9 et 10 juin 2003, Québec, Secrétariat à la politique linguistique.
(33) CORBEIL, Jean-Claude (2002). Les législations linguistiques et leur application. Congrès mondial sur les politiques linguistiques, Barcelone, avril 2002, Linguapax.
(34) Ibid.
(35) Lire sur ce sujet : LOUBIER, Christiane, « Politiques linguistiques et droit linguistiques », dans : Données sociolinguistiques, Office québécois de la langue française, [en ligne référence du 10 juin 2004] www.OQLF.gouv.qc.ca.
(36) ROUSSEAU, Louis-Jean (2000). « Technologies et méthodes d'élaboration des textes réglementaires juridiques et administratifs en matière de législation linguistique en contexte multilingue », texte présenté lors de la réunion du Réseau international des langues africaines et créoles, Niamey, 14 au 16 décembre 2000.
(37) HASKELL, Chester D. (2002). « Language and Globalization: Why National Policies Matter », dans : « Language Policy : Lessons from Global Models », Steven J. Baker (ed.), Monterey, Monterey Institute of International Studies, p. 5.
(38) DIOUF, Abdou (2004). op. cit.

 
 
 

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