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Étude des crédits alloués au dossier linguistique pour l'année 2006-2007

25 avril 2006

REMARQUES PRÉLIMINAIRES DE LA MINISTRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS, MADAME LINE BEAUCHAMP
Québec, Assemblée nationale, le 25 avril 2006

Le texte lu fait foi.

Monsieur le Président,

Comme ministre de la Culture et des Communications, j'ai le privilège d'assumer la responsabilité du dossier linguistique. C'est à ce titre que je présente, aujourd'hui, les crédits qui seront alloués par le gouvernement, en 2006-2007, aux organismes de la Charte de la langue française, ainsi qu'au Secrétariat à la politique linguistique.

Mais permettez-moi, auparavant, de dire quelques mots sur la politique linguistique du Québec.

La politique linguistique du Québec

À l'instar de centaines d'autres États et pays, le Québec s'est donné une politique linguistique. C'est-à-dire, une loi qui balise l'usage de la langue française, particulièrement dans le domaine public, et qui s'accompagne de règlements et de politiques sectorielles, destinés à favoriser l'épanouissement du français et à atténuer les difficultés propres au contexte nord-américain dans lequel nous vivons et où domine la langue anglaise.

Avec, derrière elle, plus de trente ans de mise en œuvre, la politique linguistique québécoise a fait ses preuves. Le statut du français s'est affirmé. Un équilibre s'est établi entre les différentes communautés linguistiques qui composent le Québec. On parle désormais de « paix linguistique ». Les Québécois ont pris de l'assurance face à leur langue commune. Le français a d'ailleurs progressé sur plusieurs plans : au travail, dans les commerces, dans les services aux consommateurs et auprès des jeunes immigrants.

Voilà cependant un domaine - celui de la langue - où les victoires ne sont jamais définitives et où la vigilance demeure le maître-mot. Déclin démographique, nouvelles technologies, pouvoir d'attraction de l'anglais, intégration linguistique des immigrants… Nous connaissons par cœur les défis qui caractérisent la situation linguistique actuelle. C'est justement à cause de ces défis qu'existe et que doit être maintenue la politique linguistique. C'est à cause d'eux que l'État veille au grain, qu'il cherche à adopter des pratiques linguistiques exemplaires et qu'il développe des mesures susceptibles de consolider l'usage du français.

L'État a donc un rôle majeur à jouer pour assurer la pérennité de la langue française au Québec. La clé du succès, toutefois, n'est à portée de main que si toute la société québécoise se sent partie prenante de cet idéal. Je le répète souvent : chacun d'entre nous a une responsabilité à assumer pour que le français demeure une langue d'avenir.

Le français : une langue à partager

Cette responsabilité, je la vois d'abord fondée sur le partage. Parce que la langue, comme la culture, est un instrument de solidarité et d'échange. Mais aussi parce qu'une langue « enfin réellement partagée »1 est un gage d'espoir et d'avenir pour le français.

Nous souhaitons évidemment que les milliers d'immigrants qui arrivent chaque année au Québec partagent le français avec nous. La société d'accueil a, à ce chapitre, un rôle central à jouer, en particulier pour donner envie, aux nouveaux arrivants, de choisir la langue française.

C'est une question qui me préoccupe d'autant plus que, dans le comté dont je suis la députée, Bourassa-Sauvé, le tiers de la population n'a ni le français ni l'anglais comme langue maternelle. Or, dans Bourassa-Sauvé, plus de 95 % de la population affirme  connaître  le français, et un peu plus de 81 % le parle à la maison.

Alors oui, des progrès immenses ont été accomplis. Mais n'oublions pas que ces progrès sont nécessaires, surtout à Montréal, si nous voulons garder à la langue française son dynamisme et sa vigueur. Il est donc important de faciliter l'intégration linguistique des nouveaux arrivants, surtout que la langue française préfigure leur intégration sociale, culturelle et économique.

Nous devons mieux partager le français avec les Québécois récemment établis ici, mais aussi avec le million de francophones canadiens qui vivent à l'extérieur du Québec. Les liens du Québec avec la francophonie canadienne sont du ressort de mon collègue Benoît Pelletier, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes. Mais celui-ci sait qu'il peut toujours compter sur mon appui. Et il sait aussi à quel point j'encourage les gestes qui soulignent l'engagement des francophones hors Québec pour la promotion de la langue française en Amérique.

Enfin, nous partageons aussi le français avec quelque 200 millions de francophones d'une cinquantaine de pays, preuve, s'il en faut, que le français est encore une grande langue internationale. Nous avons le devoir, avec les autres États francophones, de nous assurer que cette langue demeure une composante majeure du patrimoine universel. C'est dans cet esprit, par exemple, que le Québec et le Canada ont ratifié la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Dans cet esprit aussi que nous tissons de nombreux liens, dans le dossier linguistique, avec nos partenaires internationaux de la francophonie.

Avec autant d'alliés - les nouveaux arrivants, les communautés francophones et acadienne du Canada, les francophones du monde - nous pouvons avancer avec confiance et mieux affronter les défis, encore nombreux, à relever.

Le français : une langue dont il faut être fier

La responsabilité que nous avons tous et toutes à assumer, pour que le français demeure une langue d'avenir, je la vois également fondée sur la fierté. Et, pour moi, fierté et qualité vont de pair. Plus on est fier de sa langue, plus on souhaite en maîtriser le fonctionnement, approfondir la richesse de son vocabulaire, contourner les pièges de sa grammaire, découvrir le sens des mots… Plus, aussi, on voudra la partager.

Ceux qui me connaissent savent à quel point j'ai à cœur la promotion de la qualité du français en usage au Québec. D'ailleurs, parmi les activités qui, en 2005-2006, m'ont le plus réjouie, il y a en particulier celles qui visaient à nous rappeler qu'il est toujours possible et souhaitable d'approfondir notre connaissance et notre maîtrise du français :

  • les nombreuses activités de sensibilisation de la Table de concertation sur la qualité de la langue dans les médias, destinées cette année aux jeunes et soutenues par le Secrétariat à la politique linguistique, l'Office québécois de la langue française et le ministère de la Culture et des Communications; 
  • les travaux de simplification de la langue dans l'administration publique, que nous avons menés avec la France et dont la concrétisation devrait se faire au cours des prochains mois (j'y reviendrai); 
  • le soutien offert à la production de dictionnaires comme, par exemple, un dictionnaire québécois des relations de travail, que prépare la Centrale des syndicats démocratiques, ou le très attendu projet de dictionnaire intitulé Le français standard en usage au Québec; 
  • enfin, le travail constant des linguistes et terminologues de l'Office québécois de la langue française, dont l'apport et le professionnalisme sont reconnus à travers toute la francophonie et bien au-delà.

Dans mon esprit, c'est ainsi que nous devons aborder le dossier linguistique : dans une optique de partage et de fierté, et avec le souci de faire aimer la langue française et, donc, de la présenter sous son plus beau jour.

Les priorités de 2006-2007

On retrouve cette vision dans le plan d'action que nous nous donnons pour l'année financière qui vient de commencer. En effet, cette année encore, puisque ce sont les grandes priorités de notre plan stratégique et que celui-ci s'échelonne jusqu'en 2008, nous nous efforcerons de :

  • Renforcer le français comme langue du travail, du commerce et des affaires. 
  • Valoriser et généraliser une langue de qualité. 
  • Consolider la politique linguistique du Québec.
  • Les crédits alloués et leur répartition

Pour atteindre ces objectifs, les crédits alloués aux trois organismes de la Charte de la langue française (l'Office québécois de la langue française, le Conseil supérieur de la langue française et la Commission de toponymie) ainsi qu'à la coordination de la politique linguistique (assumée par le Secrétariat à la politique linguistique) sont de presque 22,8 M$ (22 781 000 $), soit un montant légèrement supérieur à celui de l'an dernier.

L'Office québécois de la langue française dispose de 18,4 M$ pour ses activités de production et de diffusion de terminologie, d'implantation du français dans les entreprises et l'Administration, de suivi de la situation linguistique au Québec et de traitement des plaintes que lui adressent les citoyens en rapport avec le respect de la Charte de la langue française.

La Commission de toponymie est rattachée administrativement à l'Office. De ce fait, les crédits alloués à l'Office englobent ceux qui sont attribués à la Commission pour la poursuite de ses travaux d'inventaire, de traitement et d'officialisation des noms géographiques du Québec.

Une somme de 1,5 M$ est attribuée au Conseil supérieur de la langue française dont le mandat est de me conseiller sur toute question relative à la langue française au Québec.

Enfin, le Secrétariat à la politique linguistique dispose de 1,3 M$ pour assurer la cohérence entre les actions des organismes de la Charte et les politiques et directives du gouvernement, ainsi que pour des activités de promotion de la langue française. Le Secrétariat gère, par ailleurs, une provision d'un peu plus de 1,5 M$ afin de soutenir des mesures spéciales de francisation à l'intention des immigrants adultes, des actions de francisation en milieu de travail et des projets de recherche.

Ce sont ces crédits que nous examinons aujourd'hui.

Le Secrétariat à la politique linguistique

Cette année encore, le Secrétariat à la politique linguistique continuera de coordonner la mise en œuvre de la politique linguistique québécoise. Il assurera la cohérence des actions des organismes linguistiques et des interventions gouvernementales en matière linguistique et il m'appuiera dans mon action.

Le Secrétariat agira également comme soutien dans les dossiers judiciaires concernant la Charte de la langue française et comme conseiller dans les projets de coopération linguistique auxquels le Québec souhaite s'associer.

Le Secrétariat veillera à promouvoir et à mieux faire connaître la politique linguistique du Québec, ici comme à l'étranger. À cet effet, il tiendra des séances d'information auprès des visiteurs étrangers, du réseau de la Culture et des Communications ainsi que des représentations du Québec à l'étranger. Il poursuivra ses actions, en concertation avec ses partenaires francophones, pour le renforcement du statut et de l'usage du français en francophonie et dans le monde. À cet égard, il collaborera avec le Conseil et l'Office à l'organisation d'un séminaire international sur l'intercompréhension des langues et il participera au prochain congrès des Sedifrales au Paraguay, qui regroupe des professeurs de français des Amériques. En outre, dans le cadre des travaux du sous-comité sur la qualité du français dans l'administration publique, il publiera, conjointement avec la Délégation à la langue française et aux langues de France, un aide-mémoire, intitulé Rédiger…simplement, qui regroupe des principes et des recommandations pour une langue administrative de qualité.

Le Secrétariat participera à la diffusion et au développement d'un français de qualité au Québec. Il poursuivra à cet égard, de concert avec le ministère de la Culture et des Communications, sa collaboration aux travaux de la Table de concertation sur la qualité de la langue dans les médias. Je rappelle que les activités de cette table de concertation visent tout d'abord à sensibiliser les médias québécois d'expression française à l'importance de leur rôle en matière linguistique dans l'environnement nord-américain.

Le Secrétariat maintiendra en outre son programme d'aide à la diffusion, au développement et à l'exploitation des fonds québécois de données linguistiques et textuelles. Ce programme a permis, depuis sa mise sur pied, en 1998, de diffuser dans Internet quinze corpus lexicaux élaborés par sept groupes de chercheurs provenant de cinq universités québécoises.

Le Secrétariat poursuivra son appui financier au projet de description du français standard en usage au Québec mené par le groupe de recherche FRANQUS de l'Université de Sherbrooke. Ce projet a déjà permis la constitution d'un corpus important de textes québécois (55 millions de mots) qui est disponible, moyennant entente, aux chercheurs ou à toute personne intéressée par le français contemporain en usage au Québec. Il favorise également le développement d'une expertise dans le secteur des industries de la langue et il permettra, par la publication d'un dictionnaire prévue en 2008, de valoriser et de faire connaître le français en usage au Québec, notamment le registre standard, ce qui répond à l'un des objectifs de la politique linguistique.

Le Secrétariat continuera d'appuyer financièrement le programme de tournée des écrivains dans les établissements d'enseignement collégial, Parlez-moi d'une langue!, grâce auquel quelque 80 écrivains, journalistes et communicateurs partagent avec des milliers de jeunes, partout au Québec, leur passion pour une langue française de qualité.

Enfin, je veux également souligner que le Prix du Québec Georges-Émile-Lapalme sera de nouveau décerné, l'automne prochain, à une personne ayant contribué d'une façon exceptionnelle à la qualité et au rayonnement de la langue française.

Le Conseil supérieur de la langue française

Le Conseil supérieur de la langue française a pour mission de me fournir des avis sur les questions que je lui soumets et de me saisir de toute question qui, selon lui, appelle l'action ou l'attention du gouvernement.

Dans le contexte actuel de mondialisation des échanges et d'utilisation croissante des nouvelles technologies de l'information et des communications, la langue devient un outil de plus en plus important de développement individuel et collectif. Ces défis touchent l'ensemble de notre société et encore plus particulièrement les générations montantes. C'est pourquoi j'ai demandé au Conseil d'examiner comment les jeunes font face à l'accroissement des exigences linguistiques sur le marché du travail, tant en ce qui concerne la maîtrise orale et écrite d'un français de qualité qu'en ce qui a trait à la connaissance d'autres langues, et de m'en faire rapport.

Au cours du présent exercice, le Conseil entend assurer un suivi des recommandations faites l'année dernière, dans son avis Le français, langue normale et habituelle du travail. Il suivra de même les travaux visant à faciliter l'intégration des candidats immigrants à des professions et à des métiers réglementés.

Par ailleurs, le Conseil examinera la pertinence de mettre à jour l'enquête sur la mesure globale des langues, menée en 1997 par les organismes linguistiques, afin de voir dans quelle direction les choses ont évolué depuis dix ans.

Il effectuera également diverses études qui porteront, entre autres, sur l'intégration linguistique des immigrants dans la société québécoise et les défis que pose la société de l'information. Plus particulièrement, le Conseil a l'intention d'organiser des rencontres avec des groupes ou des associations d'immigrants pour mieux connaître les embûches et les incitatifs à leur intégration linguistique. Dans la foulée de ces rencontres, le Conseil s'intéressera à la situation particulière des femmes immigrantes et à leurs attitudes et attentes face à la francisation.

La question de la qualité de la langue fera également partie des dossiers prioritaires du Conseil. À cet égard, il souhaite susciter une réflexion sur la norme en fonction de l'évolution de la société et de la perception des locuteurs. Il analysera l'impact de la qualité de la langue de l'affichage sur les usages linguistiques des consommateurs et il suivra le dossier des modifications orthographiques, en concertation avec les autres partenaires concernés de la francophonie.

De plus, dans le cadre de ses recherches et des diverses activités de coopération avec d'autres organismes linguistiques, le Conseil participera notamment au 3e Séminaire interaméricain sur la gestion des langues, qui se tiendra à Rio de Janeiro en mai prochain, et à la réunion des responsables des organismes linguistiques de Belgique, de France, du Québec et de la Suisse romande, en novembre 2006.

Enfin, cette année encore, le Conseil supérieur de la langue française remettra cinq grands prix qui soulignent les apports exceptionnels, d'individus ou d'organismes à la société francophone, dans le cas de l'Ordre des francophones d'Amérique, du Prix du 3-juillet-1608 et du Prix Émile-Ollivier, ou de journalistes québécois, dans le cas du Prix Jules-Fournier et du Prix Raymond-Charette.

L'Office québécois de la langue française

L'essentiel des crédits alloués au dossier linguistique va à l'Office québécois de la langue française, en raison de la mission centrale qu'il joue dans l'application de la Charte de la langue française et de l'importance des interactions de l'Office avec l'ensemble de la population du Québec.

Faire du français la langue de travail est l'un des incitatifs les plus puissants pour généraliser la connaissance et l'usage du français chez tous nos concitoyens et dans tous les domaines. L'Office joue, en la matière, un rôle essentiel en soutenant l'application des programmes de francisation dans les entreprises.

Ainsi, l'Office continuera d'exercer un contrôle rigoureux sur les programmes de francisation, notamment ceux qui s'échelonnent sur plusieurs années. Il poursuivra ses actions de francisation des entreprises en portant une attention toute spéciale aux obstacles qui ralentissent l'atteinte des objectifs de la Charte. Il s'agit plus précisément de l'utilisation des technologies de l'information en anglais; de la mondialisation des échanges et des relations accrues avec l'extérieur du Québec; de la connaissance insuffisante du français, en particulier par les travailleurs immigrants; et des difficultés d'implantation de la terminologie française dans certains milieux de travail.

L'Office a développé différentes stratégies pour ce faire et il entend tout particulièrement renforcer son action auprès des comités de francisation. À cet effet, il a resserré ses mécanismes de suivi relativement à leur composition, en tenant avec eux des rencontres plus fréquentes et en mettant en ligne, sur son site Web, une section comportant des renseignements destinés à cette clientèle spécifique. Les résultats obtenus sont probants et je suis heureuse de constater qu'au 31 mars 2006, 85 % des comités de francisation ont une composition conforme, c'est-à-dire qui tient compte des nouvelles dispositions de la loi exigeant une parité de la représentation employeur-employés. Ce pourcentage était de 75 % en mars 2005. Il y a donc une nette progression, tant sur le plan de la composition que de l'activité des comités de francisation, et l'Office fera en sorte que cette augmentation se poursuive.

De plus, l'Office continuera de mener des interventions sectorielles dans les secteurs de l'automobile, du camion, de l'hôtellerie et des technologies de l'information. De même, il interviendra dans l'administration auprès des commissions scolaires et des organismes de la santé et des services sociaux pour les inciter à utiliser les logiciels qui existent en français.

En ce qui concerne le traitement des plaintes, l'Office continuera des interventions sectorielles comme celles qu'il a menées cette année dans le domaine des jeux vidéo et des appareils électroménagers. Il poursuivra ses efforts pour informer et encourager les entreprises à franciser l'ensemble de leurs produits et à s'assurer que leurs documents publicitaires, leurs factures et leurs contrats d'adhésion sont conformes à la loi.

En 2005-2006, l'Office a reçu 3 652 plaintes, soit une légère augmentation par rapport à l'année précédente (environ 80). Plus de la moitié des plaintes traitées au  cours de  l'année (51,1 %) l'ont été  en moins de  6 mois et 89,5 % ont été corrigées sans l'intervention du Procureur général. Cette année encore, l'Office s'engage à traiter avec célérité toutes les plaintes du public.

Dans le cadre de ses travaux d'évaluation de la connaissance du français, l'Office demeure responsable d'administrer les examens de français aux futurs membres  des ordres  professionnels.  En 2005-2006, il  a  administré 1 518 examens, ce qui représente une augmentation de 32,1 % par rapport à l'année 2004-2005. Il poursuivra, en collaboration avec le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, la préparation d'un cadre commun de référence devant permettre l'harmonisation de l'évaluation de la connaissance du français avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale et les universités.

En matière de terminologie et d'assistance terminolinguistique, l'Office compte achever le développement du module de production multilingue du Grand dictionnaire terminologique. Ce produit vedette de l'Office, diffusé gratuitement dans Internet depuis 2001, n'a cessé de croître en notoriété. D'une part, le nombre de recherches est passé de 56 millions en 2004-2005 à 66 millions en 2005-2006, une croissance de 12 % en un an. D'autre part, le nombre moyen de visiteurs uniques a été d'environ 450 000 par mois, comparativement à 337 000 l'an dernier. Grâce au Grand dictionnaire terminologique, l'Office offre actuellement la terminologie française des principaux secteurs de l'économie québécoise et, avec la nouvelle version multilingue, ce produit en ligne continuera sans nul doute d'être l'outil de référence terminologique par excellence, adapté aux nouvelles tendances du marché de l'industrie de la langue.

Par ailleurs, depuis octobre 2005, l'Office offre aux internautes, en collaboration avec l'Organisation internationale de la Francophonie, un nouveau produit qui constitue un complément au Grand dictionnaire terminologique. Il s'agit de Inventerm, un inventaire de terminologies de langue française disponibles dans Internet. Il contient à ce jour 600 000 termes français.

L'Office continuera de répondre aux questions linguistiques et terminologiques qu'on lui adresse, par l'entremise de son service de consultations téléphoniques tarifées. Il maintiendra également son service de consultation @ssisterme, réservé aux journalistes, aux représentants d'entreprises assujetties au processus de francisation et aux employés de l'Administration.

De plus, dans la foulée des travaux de la Table de concertation sur la qualité de la langue dans les médias, l'Office a mis sur pied un service d'assistance terminolinguistique appelé Immédi@t, qui donne un accès privilégié et gratuit d'assistance linguistique et terminologique aux travailleurs des médias.

Il poursuivra l'enrichissement de sa Banque de dépannage linguistique, également accessible dans Internet. Elle compte aujourd'hui 1 554 articles et les internautes l'ont consultée à plus de 985 000 reprises en 2005-2006. Il s'agit d'un excellent moyen de mieux répondre aux difficultés linguistiques les plus fréquentes, en proposant aux Québécois et Québécoises des solutions claires, bien expliquées et faciles à intégrer en contexte.

Il produira également, en collaboration avec différents partenaires d'ici et de l'extérieur du Québec, différents outils terminologiques sous la forme de guides, vocabulaires et avis linguistiques.

Dans le cadre de son mandat relatif au suivi de la situation linguistique au Québec, l'Office poursuivra diverses recherches portant notamment sur les attitudes et les comportements des groupes linguistiques, sur la langue du travail, la langue de l'enseignement de même que sur le vocabulaire des Québécois. Il mettra à jour et élaborera des indicateurs concernant différentes thématiques telles : langue et immigration, langue et revenu, langue des pratiques culturelles ainsi que sur les caractéristiques linguistiques de la population de quelques régions.

La Francofête, grande célébration du français et de la francophonie, coordonnée par l'Office, en sera à sa 11e édition en mars 2007. Elle sera de nouveau un cadre propice pour la tenue de multiples activités réalisées de concert avec des entreprises et des organismes publics et privés. De plus, plusieurs grandes manifestations publiques souligneront les réalisations exemplaires de personnes et d'organisations qui contribuent à faire la promotion du français et à en assurer l'usage dans les différents milieux. Je pense au gala des Mérites du français, au concours des prix Francopub et du Prix pour la promotion d'une langue de qualité dans les médias et les communications, aux activités de la Francoville ainsi qu'aux nombreux publireportages diffusés à cette occasion. Enfin, l'Office remettra le Prix Camille-Laurin, qui souligne la contribution d'une personne qui s'est distinguée au cours de l'année dans la promotion et le développement du français.

La Commission de toponymie du Québec

La Commission de toponymie assure la gestion courante des noms de lieux du Québec. À cet effet, elle poursuivra son mandat d'inventaire et d'officialisation des noms de lieux.

Au cours du présent exercice, la Commission entreprendra des travaux d'inventaire dans la région de Québec, en vue des célébrations du 400e anniversaire de la Ville en 2008. De plus, au chapitre de la mise en valeur patrimoniale des toponymes officiels, la Commission procèdera au lancement de la nouvelle édition de son populaire ouvrage Noms et lieux du Québec - Dictionnaire illustré. Il d'agit d'une œuvre marquante et magistrale, nourrie d'une approche multidisciplinaire où se croisent la géographie, la linguistique, l'ethnologie, le folklore et l'histoire.

Dans le dossier de l'odonymie municipale, au cours de l'exercice 2005-2006, l'expertise de la Commission a été sollicitée par plus d'une trentaine de municipalités en processus de restructuration, afin d'éliminer des noms de rue.

D'ailleurs, cette année, la Commission planifie une vaste opération d'information en vue de mieux faire connaître son mandat, ses règles d'écriture et ses critères de choix. Elle mettra également en ligne son nouveau site Web, dont une section sera spécialement adaptée pour satisfaire aux besoins de sa clientèle municipale.

Elle poursuivra l'enrichissement de sa banque de toponymes TOPOS et continuera d'offrir des services d'information toponymiques destinés au grand public et à certains publics spécialisés

Par ailleurs, la Commission entend maintenir sa participation et son engagement aux différents groupes de travail sur la scène nationale et internationale. Elle participera ainsi aux travaux de la Commission de toponymie du Canada et à ceux de la Division francophone du Groupe d'experts des Nations Unies pour les noms géographiques. Elle continuera également de superviser et de collaborer aux travaux de conception d'un cours de toponymie, en français, sur le Web.

Je profite de cette occasion pour souligner l'excellente réputation de la Commission auprès des autres organismes et États et la remercier pour la visibilité qu'elle donne au Québec à l'étranger.

Toutes ces mesures s'inscrivent en continuité avec la volonté de notre gouvernement, et de ceux qui nous ont précédé, de promouvoir l'usage et la qualité du français au Québec. Je vous remercie de votre attention.

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1. Comme le souhaite Bernard Cerguilini dans Le magazine littéraire de mars dernier consacré au thème : «Défense et illustration des langues française».

 
 
 

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