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Étude des crédits alloués au dossier linguistique pour l'année 2007-2008

13 juin 2007

REMARQUES PRÉLIMINAIRES DE LA MINISTRE DE LA CULTURE, DES COMMUNICATIONS ET DE LA CONDITION FÉMININE, MADAME CHRISTINE ST-PIERRE
Québec, Assemblée nationale, le 13 JUIN 2007

Le texte lu fait foi.

Monsieur le Président,

Comme ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, j'ai le privilège d'assumer la responsabilité du dossier linguistique. C'est à ce titre que je présente, aujourd'hui, les crédits qui seront alloués par le gouvernement, en 2007-2008, aux organismes linguistiques.

D'entrée de jeu, je veux vous assurer que je partage la volonté de notre premier ministre, M. Charest, exprimée lors du discours inaugural de la présente session de « renforcer la fierté du français dans l'espace public et de promouvoir la qualité du français parlé et écrit à travers tout le Québec, cette langue qui est au cœur de notre liberté et de notre identité ».

Avant de procéder à l'étude des crédits proprement dits, permettez-moi de souligner que l'année 2007 marquera trente ans d'application de la Charte de la langue française. Cet anniversaire mérite d'être célébré et j'entends faire en sorte d'y associer l'ensemble des Québécoises et des Québécois.

Le français est devenu la langue officielle du Québec en 1974, lors de l'adoption de la loi 22. Cette loi marquait le début de l'intervention de l'État pour promouvoir le français. C'est dans son sillage qu'était adoptée, le 26 août 1977, la Charte de la langue française qui, depuis trente ans, constitue l'élément central de la politique linguistique du Québec.

Je veux également profiter de l'étude des crédits pour rappeler brièvement qu'en 2006-2007 un nombre record d'entreprises de plus de 50 employés sont maintenant certifiées au Québec, c'est-à-dire que l'usage du français y est généralisé conformément aux dispositions de la Charte de la langue française. Ce taux, qui se situait à 76 % en 2003, est maintenant de plus de 80 %.

Le gouvernement a également adopté, en décembre 2006, une nouvelle politique d'utilisation du français dans les technologies de l'information et des communications.

En ce qui concerne la valorisation et la généralisation d'une langue de qualité, je retiens notamment au cours de la dernière année : 1) la création d'outils pour promouvoir la qualité du français tels que Rédiger… simplement, une brochure accessible par la poste ou dans Internet; 2) la publication, par la Commission de toponymie, de la mise à jour de Noms et lieux du Québec qui illustre toute la richesse toponymique du Québec; 3) l'enrichissement du Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française, qui est un des sites Internet les plus fréquenté au Québec avec plus de 71 millions de consultations au cours du dernier exercice.

À cela s'ajoutent bien sûr les activités de la Francofête et la publication d'indicateurs, de réflexions et d'études pour le suivi de la situation linguistique québécoise.

Cette année, puisque ce sont les grandes priorités de notre plan stratégique et que celui-ci s'échelonne jusqu'en 2008, nous nous efforcerons de : 1) renforcer le français comme langue du travail, du commerce et des affaires; 2) valoriser et généraliser une langue de qualité; et 3) consolider la politique linguistique du Québec.

Pour atteindre ces objectifs, les crédits alloués aux organismes linguistiques, sont de presque 23 millions de dollars (22 970 400 $), soit un montant légèrement supérieur à celui de l'an dernier. L'Office québécois de la langue française dispose de plus de 18,5 millions pour ses activités et celles de la Commission de toponymie qui est rattachée administrativement à l'Office. Une somme d'un peu plus 1,5 million est attribuée au Conseil supérieur de la langue française. Enfin, le Secrétariat à la politique linguistique dispose de quelque 1,3 million et il gère une provision d'un peu plus de 1,5 million afin de soutenir des mesures spéciales de francisation. Ce sont ces crédits que nous examinons aujourd'hui.

Le Secrétariat à la politique linguistique

Cette année encore, le Secrétariat à la politique linguistique continuera de coordonner la mise en œuvre de la politique linguistique québécoise et il m'appuiera dans mon action. Le Secrétariat agira également comme soutien dans les dossiers judiciaires concernant la Charte de la langue française. Il veillera également à promouvoir et à mieux faire connaître la politique linguistique du Québec. À ce titre, il coordonne la préparation d'un colloque sur les variétés de français dans le monde auquel seront conviés des experts des différentes régions de la francophonie.

Le Secrétariat maintiendra en outre son programme d'aide à la diffusion, au développement et à l'exploitation des fonds québécois de données linguistiques et textuelles. Il poursuivra son appui financier au projet de description du français standard en usage au Québec mené par le groupe de recherche de l'Université de Sherbrooke.

Le Conseil supérieur de la langue française

Le Conseil supérieur de la langue française a pour mission de me fournir des avis sur les questions que je lui soumets et de me saisir de toute question qui, selon lui, appelle l'action ou l'attention du gouvernement.

Dans le contexte actuel de mondialisation des échanges et d'utilisation croissante des nouvelles technologies de l'information et des communications, la langue devient un outil de plus en plus important de développement individuel et collectif. Ces défis touchent l'ensemble de notre société et encore plus particulièrement les générations montantes. Depuis un an, le Conseil a écouté les jeunes dans toutes les régions du Québec et il a examiné comment ils font face à l'accroissement des exigences linguistiques sur le marché du travail. Cela tant en ce qui concerne la maîtrise orale et écrite d'un français de qualité qu'en ce qui a trait à la connaissance d'autres langues. Il poursuivra cette recherche et me soumettra un avis à ce sujet à la fin de la présente année. La question de la qualité de la langue fera également partie des dossiers prioritaires du Conseil. À cet égard, il entreprendra une étude sur la variation de la norme du français parlé et écrit au Québec.

Enfin, cette année encore, le Conseil supérieur de la langue française remettra cinq grands prix qui soulignent les apports exceptionnels d'individus ou d'organismes à la promotion de la langue française.

L'Office québécois de la langue française

L'essentiel des crédits alloués au dossier linguistique va à l'Office québécois de la langue française, en raison de la mission centrale qu'il joue dans l'application de la Charte de la langue française. Ces crédits sont en légère augmentation.

Les milieux de travail au Québec évoluent constamment. Dans ces contextes mouvants, qui s'inscrivent désormais à l'échelle mondiale, la francisation des milieux de travail n'est jamais achevée. Il y a lieu de demeurer vigilant et de suivre attentivement les changements afin de maintenir les acquis, sinon de les accroître. L'Office joue, en la matière, un rôle essentiel en soutenant l'application des programmes de francisation dans les entreprises et en procédant à la certification de celles où le français a atteint le statut exigé par la Charte.

De même, l'Office poursuivra des interventions de type sectoriel, notamment auprès des entreprises du secteur de l'automobile et du camionnage, du taxi et des chaînes hôtelières.

L'Office interviendra également auprès des ministères et organismes publics. C'est ainsi qu'il veillera, par exemple, au suivi de l'application de la nouvelle Politique d'utilisation du français dans les technologies de l'information et des communications.

L'Office doit aussi faire en sorte que les consommateurs québécois aient accès à des produits et services en français. Ainsi, il agira plus particulièrement dans différents secteurs tels les jeux vidéo, les appareils électroménagers, les outils électriques ainsi que les ordinateurs portatifs.

Enfin soulignons, à l'exemple de ce qu'il a fait à Montréal, l'automne dernier, que l'Office entend mener une campagne de promotion et d'information auprès des commerçants de l'Outaouais pour les sensibiliser à l'importance de s'afficher et de s'exprimer en français.

L'Office doit intervenir dans les cas de non-respect de la Charte qu'on lui soumet. Il traite les plaintes que les citoyens lui adressent en privilégiant, lorsque la situation le permet, une approche globale. Il a d'ailleurs complètement revu ses processus administratifs au cours du dernier exercice. À ce propos, permettez-moi de souligner qu'en matière de traitement des plaintes, l'Office cherche d'abord à faire corriger la situation dérogatoire plutôt que de judiciariser les dossiers. C'est ainsi que le taux de correction des plaintes provenant de citoyens et d'associations, sans recours à des poursuites judiciaires, s'est établi à 96 % en 2006-2007.

Des progrès importants ont été accomplis au Québec pour accroître la qualité du français oral et écrit. Il reste cependant beaucoup à faire pour que les entreprises, l'administration publique et la population en général soient suffisamment outillées pour répondre aux exigences d'une société axée de plus en plus sur le savoir et les communications.

La filière Internet que l'Office privilégie pour diffuser ses produits terminologiques et linguistiques s'avère un choix toujours aussi judicieux. C'est dans ce cadre qu'il poursuivra l'enrichissement du Grand dictionnaire terminologique.

La Banque de dépannage linguistique en ligne continue également de susciter toujours plus d'intérêt de la part des internautes. Il en est de même des autres services d'assistance terminologique et linguistique destinés au grand public et à certains publics spécialisés, notamment les journalistes. De plus l'Office diffusera ses travaux d'officialisation linguistique. Toujours dans l'objectif de favoriser la qualité et le rayonnement du français au Québec, l'Office organisera la 12e Francofête. Enfin, dans le but de documenter de façon régulière l'évolution de la situation linguistique au Québec, l'Office poursuivra la réalisation du bilan à ce sujet, qui devrait m'être soumis au mois d'octobre prochain ainsi que le prévoit la Charte de la langue française.

La Commission de toponymie du Québec

La Commission de toponymie assure la gestion courante des noms de lieux du Québec. À cet effet, elle poursuivra son mandat d'inventaire et d'officialisation des noms de lieux.

Les opérations d'harmonisation des noms de voies de communication dans les villes fusionnées ont eu pour effet de sensibiliser la population au message culturel véhiculé par les noms de lieux. Pour cette raison, la Commission fera mieux connaître les critères de choix en matière de désignation toponymique et mettra à la disposition du public des outils toponymiques améliorés. Elle continuera d'enrichir la banque de toponymes TOPOS et de diffuser en ligne et dans différents ouvrages, la toponymie officielle du Québec.

Conclusion

Toutes ces mesures s'inscrivent en continuité avec la volonté de notre gouvernement, et de ceux qui nous ont précédés, de promouvoir l'usage et la qualité du français au Québec.

Je vous remercie de votre attention.

 
 
 

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