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Étude des crédits alloués au dossier linguistique pour l'année 2008-2009

21 avril 2008

Remarques préliminaires de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, madame Christine St-Pierre, Québec, Assemblée nationale, le 21 avril 2008

Le texte lu fait foi.


Monsieur le Président,

Au cours des dernières semaines, votre Commission a minutieusement examiné le travail du Conseil supérieur de la langue française, de l’Office québécois de la langue française et de la Commission de toponymie. Vous avez eu l’occasion de discuter longuement des orientations, des activités et de la gestion de ces organismes. L’exercice de cet après-midi sera donc complémentaire à la démarche que vous avez amorcée puisque nous procédons, cette fois, à l’étude des crédits alloués par le gouvernement, en 2008-2009, à ces trois organismes, ainsi qu’au Secrétariat à la politique linguistique.

Mais, avant d’entrer dans le détail des chiffres et des crédits, je tiens d’abord à vous dire que mon engagement à l’endroit de la langue française, comme celui à l’endroit de la culture d’ailleurs, est plus que sincère et transcende toute partisannerie.

Mon parcours m’a très tôt sensibilisée à la richesse de notre identité francophone, mais aussi à sa fragilité, du fait que nous vivons en Amérique, entouré de 300 millions d’anglophones. J’estime cependant que l’insécurité linguistique ne doit pas nous empêcher de voir le chemin parcouru, d’apprécier les progrès réalisés et, surtout, de relever sereinement les défis qui se présentent.

Je suis donc particulièrement fière d’assumer la responsabilité du dossier linguistique, et très consciente du poids de cette responsabilité. Ma première année comme ministre responsable du dossier linguistique a été, je vous l’avoue franchement, une suite ininterrompue d’événements marquants. Outre le 30e anniversaire de la Charte de la langue française qui a été souligné par une grande campagne télévisuelle au cours du mois de septembre dernier sous le thème de « La langue française, elle est bien québécoise », je désire porter votre attention sur trois événements particuliers.

Les jugements de la Cour d’appel

Il y a d’abord eu, en août dernier, les jugements de la Cour d’appel du Québec qui ont invalidé certaines des dispositions de la Charte de la langue française qui touchent la langue d’enseignement. Ces dispositions, entrées en vigueur en 2002, visent notamment à faire en sorte que l’enseignement reçu en anglais au Québec, dans une école privée non subventionnée, n’autorise plus des enfants à acquérir un droit, qu’ils pourront automatiquement transmettre à leurs frères et soeurs et, plus tard, à leurs enfants, de poursuivre leur enseignement en anglais dans une école, publique ou privée, qui est financée par l’État.

Le gouvernement a réagi rapidement à cette décision, d’autant plus qu’elle survenait à quelques jours de la rentrée scolaire. Nous avons donc obtenu, de la Cour d’appel, une requête en sursis qui permet aux alinéas 2 et 3 de l’article 73 de la Charte de la langue française de continuer à s’appliquer, jusqu’à ce qu’un jugement final de la Cour suprême intervienne. En mars dernier, la Cour suprême acceptait d’entendre ces causes. Le Procureur général du Québec défendra donc la constitutionnalité de ces dispositions de la Loi 101 devant la Cour suprême du Canada.

Les premiers résultats du recensement de Statistique Canada

En second lieu, en décembre 2007, les premiers résultats du recensement de 2006 de Statistique Canada ont été rendus publics. Ces résultats nous ont appris que la part de la population québécoise ayant le français comme langue maternelle a fléchi sous la barre des 80 % (79,6 %), situation qui n'avait pas été observée depuis 1931. Ils ont aussi révélé une baisse du poids de la population québécoise dont le français est la langue le plus souvent parlée à la maison (de 83,1 % à 81,8 %). Ces diminutions, légères pour l’ensemble du Québec, se répercutent davantage dans la région de Montréal et dans l’Île de Montréal. Comme l’indique Statistique Canada, la présence croissante, au Québec, d’une population allophone, c’est-à-dire n’ayant ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, explique en partie cette évolution.

Il y avait aussi de bonnes nouvelles dans le recensement. En particulier, il nous apprenait que les allophones québécois (immigrants et non-immigrants) connaissent de plus en plus le français et sont de plus en plus nombreux à l’utiliser à la maison. En 2006, 24 % d’entre eux ont déclaré parler surtout le français à la maison, comparativement à 20 % en 2001 et à 17 % en 1996. Pour la première fois, d’ailleurs, les transferts linguistiques des allophones vers le français sont plus importants que vers l’anglais (51 % en 2006 par rapport à 46 % en 2001).

Mais, comme disait le grand-père de Boucar Diouf, « l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse »…

Le bilan de l’Office

Enfin, en mars denier l’Office québécois de la langue française a remis son rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec.

Trente ans, c’est court dans l’histoire d’une nation et d’une langue. Des progrès remarquables, qui sont bien documentés, ont certes été accomplis, notamment en matière d’affichage, d’éducation et de français au travail.

Le bilan de l’Office fait toutefois ressortir que : « Tant à l’échelle canadienne qu’à l’échelle nord-américaine, le français et l’anglais n’ont pas le même poids et ne sont pas soumis aux mêmes contraintes d’avenir. La pérennité de l’anglais au Canada et en Amérique du Nord est quasi certaine. Celle du français au Québec, et particulièrement dans la région de Montréal, dépend encore, dans une large mesure, de sa rencontre avec l’anglais et demeure tributaire de divers facteurs tels que la fécondité, le vieillissement de la population, les migrations inter et intraprovinciales et les [transferts] linguistiques. »

Il y a donc toujours lieu d’être vigilant et c’est pourquoi le gouvernement a voulu poser rapidement des gestes importants en faveur de la langue française au Québec. Pour permettre à davantage d’immigrants de se familiariser avec la langue française. Pour faciliter et accélérer encore la francisation des milieux de travail. Et aussi pour donner à tous ceux qui vivent au Québec, le goût et la fierté de parler français.

C’est pour ces raisons que le gouvernement a décidé, dès le budget du mois d’avril, d’injecter près de 80 M$ dans de nouvelles mesures destinées à promouvoir le français dans les écoles, auprès de la population immigrante et dans les milieux de travail.

Trois plans d’action en faveur du français

Ainsi ma collègue, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, a présenté, en février dernier, 22 nouvelles mesures pour valoriser la place du français à l’école, pour réviser le contenu des programmes de français, accroître le suivi des apprentissages des élèves en français ainsi que le niveau de préparation de leurs professeurs et renforcer plusieurs mesures de soutien avec, par exemple, l’ajout d’un nombre significatif de conseillers pédagogiques dédiés au français dans les commissions scolaires, et de bibliothécaires dans les bibliothèques scolaires.

De son côté, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles a fait connaître un ambitieux plan de francisation et d’intégration des personnes immigrantes à la société québécoise et au marché du travail. Les 12 mesures proposées par Mme James devraient permettre de franciser plus tôt les candidats sélectionnés, c'est-à-dire avant même leur arrivée au Québec, de les franciser davantage, en rejoignant de nouvelles clientèles et, nous l’espérons, de les franciser mieux, en arrimant le contenu des cours aux besoins de certaines professions.

Pour ma part, j’ai proposé un plan d’action complémentaire aux mesures mises de l’avant par mes collègues. J’ai donc misé sur des mesures de protection, de promotion et de valorisation de la langue française dans les milieux de travail et dans les commerces, particulièrement dans la région de Montréal. J’ai misé aussi, sur la sensibilisation du grand public à l’importance de la qualité et de la richesse de la langue.

Les nouvelles mesures sous ma responsabilité totalisent près de 12 M$ sur deux ans, dont 5,6 M$ dès cette année. Les crédits que nous examinons aujourd’hui n’incluent cependant pas ces fonds annoncés par le dernier budget, lesquels proviennent du fonds de suppléance du gouvernement. Je me permettrai, cependant, de revenir sur les mesures de ce plan d’action puisqu’elles auront une incidence directe sur l’action que le gouvernement entend prendre cette année en matière de politique linguistique.

Les priorités de 2008-2009

En effet, le plan d’action adopté le 20 mars dernier s’articule autour de trois grands objectifs :

1. Donner un nouvel élan à la francisation des entreprises.
2. Promouvoir l’utilisation de la langue française dans les commerces afin de mieux servir les consommateurs.
3. Valoriser l’utilisation d’une langue de qualité ainsi que la richesse de la langue française au Québec.

Ces objectifs collent de très près aux priorités du Plan stratégique en matière de politique linguistique 2005-2008, qui s’appliquera cette année encore. Nous nous efforcerons donc, en 2008-2009, de :

- Renforcer le français comme langue du travail, du commerce et des affaires.
- Valoriser et généraliser une langue de qualité.
- Consolider la politique linguistique du Québec.

Les crédits alloués et leur répartition

Pour atteindre nos objectifs, des crédits de 23 M$ (23 070 400 $), soit un montant légèrement supérieur à celui de l’an dernier, sont alloués aux organismes linguistiques : l’Office québécois de la langue française, le Conseil supérieur de la langue française, la Commission de toponymie et le Secrétariat à la politique linguistique.

L’Office québécois de la langue française dispose de l’essentiel de cette enveloppe, soit 18,6 M$, qui lui permettront d’assurer ses activités de production et de diffusion de la terminologie, d’implantation du français dans les entreprises et l’Administration, de suivi de la situation linguistique au Québec et de traitement des plaintes que lui adressent les citoyens en rapport avec le respect de la Charte de la langue française.

Je vous rappelle que les crédits qui permettront à l’Office d’accroître, dès cette année, le personnel dédié à la francisation des milieux de travail, ne sont pas comptabilisés ici.

La Commission de toponymie est rattachée administrativement à l’Office. De ce fait, les crédits alloués à l’Office englobent ceux qui sont attribués à la Commission pour la poursuite de ses travaux d’inventaire, de traitement et d’officialisation des noms géographiques du Québec.

Une somme de 1,5 M$ est attribuée au Conseil supérieur de la langue française, essentiellement pour les études, les recherches et les consultations qu’il juge nécessaires, afin de me conseiller sur toute question relative à la langue française au Québec.

Enfin, le Secrétariat à la politique linguistique dispose de 1,4 M$ pour assurer la cohérence entre les actions des organismes de la Charte et les politiques et
directives du gouvernement, ainsi que pour des activités de promotion de la langue française, en particulier, cette année, dans le cadre du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec. Le Secrétariat gère, par ailleurs, une provision d’un peu plus de 1,5 M$ qui SERT à soutenir des mesures spéciales de francisation à l’intention des immigrants adultes, des actions de francisation dans les milieux de travail et aussi différents projets de recherche.
Ce sont ces crédits que nous examinons aujourd’hui.

Le Secrétariat à la politique linguistique

Commençons par le Secrétariat à la politique linguistique, et je vais en profiter pour parler de son mandat, puisque certains membres de cette Commission se sont interrogés sur cette question.

Le Secrétariat a été créé en 1988 afin de fournir un soutien technique à la ministre d’alors, et pour coordonner l’action gouvernementale dans le dossier linguistique. Aboli en 1995, il a cependant été rétabli l’année suivante, parce qu’il est vite devenu évident qu’il manquait un maillon pour assurer une véritable cohérence en matière d’application de la politique linguistique, à l’échelle du gouvernement. C’est l’Office québécois de la langue française qui est chargé de veiller à ce que l’administration publique applique correctement la politique linguistique. Mais c’est le Secrétariat qui joue le rôle de rassembleur interministériel et, au premier chef, qui fait le lien entre les trois organismes de la Charte avec lesquels il travaille étroitement. C’est lui, par exemple, qui prépare la planification stratégique en matière de politique linguistique, comme vous l’a mentionné madame Boucher quand elle s’est présentée devant vous.
Le Secrétariat à la politique linguistique joue aussi un rôle de conseiller. Le Conseil supérieur de la langue française me donne son avis sur toute question que je lui soumets et il peut, à son tour, me saisir de toute question qui, selon lui, appelle l'attention du gouvernement. Mais pour ce qui est des affaires courantes (et, croyez-moi, elles sont nombreuses), c’est vers le Secrétariat que je me tourne.

Enfin, une partie importante des tâches du Secrétariat a trait à la coordination de tous les travaux liés aux projets de modifications législatives ou réglementaires en matière de langue et de soutien dans les procédures judiciaires. J’ajoute aussi qu’il subventionne et que, parfois, il développe des actions concertées visant l'emploi, la qualité et la promotion du français au Québec.

En 2008-2009, le Secrétariat à la politique linguistique poursuivra toutes ces activités.

Une grande partie du budget de 1,4 M$ du Secrétariat, ainsi que la provision de 1,5 M$ qu’il est chargé de gérer, sont destinés à des « clientèles » (comme on le dit maintenant) extérieures. Ainsi, les chercheurs universitaires ont accès, par
l’entremise du Secrétariat, au « Programme de développement, de mise en réseau et d'exploitation des corpus lexicaux québécois ». Quant aux écrivains, aux communicateurs et aux journalistes, ils ont recours au programme « Parlez-moi d’une langue », qui leur permet de partager leur passion pour la langue française avec les jeunes des cégeps et des collèges.

Le Secrétariat continuera aussi à appuyer le projet de dictionnaire conçu par l’équipe de recherche FRANQUS de l’Université de Sherbrooke, dont vous entendez sans doute de plus en plus parler parce que sa version électronique devrait être disponible dès cet été, et sa version « papier », l’an prochain. Ce dictionnaire décrit le français standard en usage au Québec, un sujet dont je serai heureuse de reparler avec vous, monsieur le député de Borduas, si vous le souhaitez.

Parmi les autres grands projets de recherche sur le français québécois soutenu par le Secrétariat, il faut mentionner le TLFQ : le Trésor de la langue française au Québec. Rattachée à l'Université Laval, l'équipe du TLFQ fait oeuvre de pionnière dans le domaine de la documentation historique du vocabulaire français au Québec.

Autre responsabilité du Secrétariat : le Prix Georges-Émile-Lapalme. Ce prix du Québec sera de nouveau décerné, l’automne prochain, à une personne qui aura contribué de façon exceptionnelle à la qualité et au rayonnement de la langue
française. Cette année, il a été attribué à l’éditeur de poésie, monsieur Gaston Bellemare.

Enfin, les activités de promotion de la langue, que soutient le Secrétariat, sont variées. J’en signale deux qui, cette année, ont connu un franc succès : un concours d’écriture destiné aux jeunes élèves québécois et, pour le grand public, une brochure d’une trentaine de pages intitulée : La langue française au Québec – 400 ans, quelques repères et préparée en collaboration avec le Conseil supérieur de la langue française.

Le Conseil supérieur de la langue française

Passons maintenant au Conseil supérieur de la langue française. Vous avez rencontré son président, monsieur Ouellon, le mois dernier, et celui-ci vous a longuement parlé des activités du Conseil. Je n’y reviendrai donc que brièvement.

En 2008-2009, le budget du Conseil est de 1,5 M$. Ces crédits serviront essentiellement à la production d’avis et à la publication d’études et d’ouvrages de réflexion.

De la même manière qu’il s’est prononcé, l’an dernier, sur la promotion de la diversité linguistique, devant la Commission Bouchard-Taylor, et sur la situation
de l’apprentissage de l’écriture au primaire et au secondaire, le Conseil s’attardera, cette année encore, à plusieurs thèmes spécifiques.

Comme vous l’a expliqué son président, le Conseil supérieur de la langue française prépare une analyse qui s’appuiera sur les deuxième et quatrième chapitres du bilan quinquennal rendu public, en mars dernier, par l’Office québécois de la langue française. C’est-à-dire que son avis portera d’abord sur la section traitant de la langue et l’immigration, et sur celle qui porte sur l’utilisation du français au travail. Les membres du Conseil ont choisi ces sujets d’étude par pragmatisme et par souci d’efficacité, mais aussi parce qu’ils estiment que, même s’ils sont difficiles et délicats, ils demeurent les plus importants dans le contexte actuel. Le Conseil prévoit ainsi me remettre un avis au cours du mois de juin, et il poursuivra, en 2009, sa réflexion sur d’autres thèmes découlant du rapport de l’Office, notamment la maîtrise et la qualité de la langue, ainsi que les rapports entre la langue d’usage à la maison et la langue d’usage public.

Vous savez également que le Conseil rendra public, le mois prochain, l’étude commandée par ma prédécesseure sur le point de vue des jeunes de 25 à 35 ans, sur la situation linguistique québécoise. Cet avis s’accompagnera d’au moins deux nouvelles études sur les jeunes Québécois.

D’autres recherches sont en chantier et devraient être rendues publiques au cours de l’année qui vient, année qui, je veux le souligner, marque les trente ans d’existence du Conseil.

Enfin, cette année encore, le Conseil supérieur de la langue française remettra ses grands prix qui soulignent les apports exceptionnels, d’individus ou d’organismes à la société francophone, dans le cas de l'Ordre des francophones d'Amérique, du Prix du 3-juillet-1608 et du Prix Émile-Ollivier, ou de journalistes québécois, dans le cas du Prix Jules-Fournier et du Prix Raymond-Charette.

L’Office québécois de la langue française

Vous avez récemment eu l’occasion de procéder à l’examen des orientations, des activités et de la gestion de l'Office québécois de la langue française et de la Commission de toponymie. Vous êtes donc au fait du rôle déterminant joué par ces organismes. Comme chaque année, la très grande partie des crédits alloués au dossier linguistique va à l’Office québécois de la langue française, en raison du fait que c’est lui qui est chargé de veiller à l’application de la Charte de la langue française et en raison, aussi, de l’importance de ses interactions avec l’ensemble de la population du Québec.

Je commencerai justement par ses interactions avec la population. Tout d’abord : l’officialisation linguistique, la terminologie et l’assistance terminolinguistique, un rôle pour lequel l’Office québécois de la langue française a acquis une grande expertise et une excellente réputation, et qui demeure l’un de ses mandats fondamentaux.

Dans ce domaine, le produit vedette de l’Office reste le Grand dictionnaire terminologique qui est diffusé gratuitement dans Internet depuis maintenant sept ans et dont la notoriété ne cesse de croître, au Québec et à l’étranger : le nombre de recherches effectuées annuellement par les internautes dépasse désormais les 72 millions et demi. Grâce à son Grand dictionnaire…, l’Office offre la terminologie française des principaux secteurs de l’économie québécoise et ce produit en ligne continue d’être l’outil de référence terminologique par excellence, adapté aux nouvelles tendances du marché de l’industrie de la langue.

Par ailleurs, l’Office maintiendra aussi ses services d’assistance linguistique et terminologique, par l’entremise de son service de consultations téléphoniques tarifées et de deux autres services de consultation : Immedi@t, réservé aux travailleurs des médias, et @ssisterme, réservé aux journalistes, aux représentants d’entreprises assujetties au processus de francisation et aux employés de l’Administration.

L’Office poursuivra aussi l’enrichissement de sa Banque de dépannage linguistique, également accessible dans Internet. Cette année, les internautes l’ont consultée à près de 2 millions de reprises. Cet achalandage représente une croissance de 35 % par rapport à l’année précédente et illustre à quel point cet outil répond aux difficultés linguistiques les plus fréquentes, en proposant des solutions claires et bien expliquées.

L’Office continuera également à produire, en collaboration avec différents partenaires d’ici et de l’extérieur du Québec, différents outils terminologiques sous la forme de guides, vocabulaires et avis linguistiques.

Vous connaissez la Francofête. Cette grande célébration du français et de la francophonie se déroule chaque année à l’échelle du Québec. Elle est coordonnée par l’Office et, en mars 2009, nous en serons à la 13e édition. Tout comme elle le fut cette année, la Francofête 2009 sera l’occasion de proposer une multitude d’activités aux Québécoises et Québécois, qui seront réalisées de concert avec des entreprises et des organismes publics et privés : dictées, galas, concours et remises de prix aux personnes et aux organisations qui contribuent, de manière exemplaire, à faire la promotion du français et à en assurer l’usage dans leurs différents milieux.

Une autre partie importante du mandat de l’Office consiste à définir et élaborer les programmes de francisation prévus par la loi dans les milieux de travail, et à suivre leur application. Ce mandat est fondamental dans la mesure où la nécessité de connaître le français pour pouvoir travailler reste, de loin, l’un des incitatifs les plus forts pour apprendre le français.

Au Québec, la langue du travail est le français. Quand Statistique Canada a posé, pour la première fois en 2001, une question sur la langue la plus utilisée au travail, nous pouvions difficilement interpréter ces données, faute de points de comparaison. Mais la deuxième série de données fournies par le recensement 2006 de Statistique Canada, parues au début du mois de mars, démontre que l'utilisation prédominante du français est en hausse chez les travailleurs immigrants du Québec. Ces données sont encourageantes mais nous savons que des efforts restent à faire, particulièrement dans la région de Montréal et dans celle de l’Outaouais.

C’est pourquoi j’ai voulu que l’Office accentue le travail qu’il effectue auprès des entreprises québécoises, des gens d'affaires, des représentants et des associations d'entreprises de différents secteurs (vente au détail, restauration, hébergement, services professionnels, gestion, etc.). C’est ainsi que le plan d’action rendu public en mars est, pour une large part, axé sur des mesures destinées à accélérer la francisation des entreprises. J’ai aussi tenu à m’assurer que ces nouvelles mesures s’accompagnent d'un réinvestissement conséquent de ressources à l'Office québécois de la langue française. Aussi vingt nouveaux postes seront-ils créés à cet effet, d’ici deux ans.

L’Office intensifiera par ailleurs ses interventions sectorielles destinées à sensibiliser les commerçants et les consommateurs à la vente et à l’achat en français. Je rappelle, par exemple, que c’est à la suite d’une de ces interventions de l’Office, auprès de l’association représentant les éditeurs et distributeurs de jeux vidéo au Canada (ESA Canada), que nous avons pu signer une entente qui prévoit la francisation progressive, d’ici mars 2009, du contenu des nouveaux jeux vidéo qui seront vendus au Québec. Cette entente prévoit également des mesures visant à renforcer la présence du français sur les emballages et dans les documents d'accompagnement des jeux vidéo.

Cette année, j’ai demandé à l’Office d’entreprendre une démarche ciblée de sensibilisation auprès des petites entreprises de la région de Montréal d’abord et, par la suite, de la région de l’Outaouais, afin de les informer de l’importance d’utiliser le français comme langue de service.

En ce qui concerne le traitement des plaintes, l’Office a réglé, en 2007-2008, près de 4 000 dossiers, dont la moitié étaient en traitement depuis plus de 12 mois. Par ailleurs, 33 % des dossiers ont été fermés en 6 mois ou moins et 16 %, dans un délai de 6 à 12 mois. Au cours de l’exercice, 97,6 % des plaintes déclarées recevables ont été corrigées sans qu’une intervention du Procureur général ne soit nécessaire.

Dans le cadre de ses travaux d’évaluation de la connaissance du français, l’Office demeure responsable d’administrer les examens de français aux futurs membres des ordres professionnels. En 2007-2008, il a développé un prototype qui permet l’inscription en ligne des membres des ordres professionnels aux
examens de français de l’Office. au cours des prochains mois; cette application sera mise en ligne dans un site sécurisé en vue d’effectuer des tests auprès d’un échantillon choisi des clientèles visées.

La Commission de toponymie du Québec

La Commission de toponymie assure la gestion courante des noms de lieux du Québec. À nouveau, je serai brève parce que je pense que la présidente de la Commission vous a dressé un portrait assez détaillé des activités de la Commission. Je m’en tiendrai donc au bilan général.

Au cours du présent exercice, la Commission poursuivra l’enrichissement de sa banque de toponymes TOPOS et continuera d’offrir des services d’information toponymiques destinés au grand public et à certains publics spécialisés. Par ailleurs, la Commission entend maintenir sa participation et son engagement aux différents groupes de travail sur la scène nationale et internationale.

Je profite de cette occasion pour souligner l’excellente réputation de la Commission de toponymie à travers le monde. Je voudrais d’ailleurs signaler deux réalisations d’envergure internationale, qui ont récemment vu le jour grâce à l’expertise toponymique québécoise et au soutien de la Commission. Il s’agit de deux sites Internet.

Le premier, conçu pour le grand public, s’appelle « Le tour du monde en français »; il s’agit d’une banque de dénominations francophones, pour les noms de lieux étrangers, qui propose un équivalent français, ainsi qu’une multitude d’informations toponymiques, pour tous les lieux du monde.

Le second, « Le site francophone d’introduction à la toponymie », propose un cours en ligne, de formation à la gestion de la toponymie. Grâce à ce site, les gestionnaires et les toponymistes francophones du monde, et particulièrement ceux des pays du Sud qui disposent de moins de ressources, pourront se familiariser, en français, avec un savoir spécialisé et généralement peu accessible. Ce site sera accessible sous peu.

Conclusion

Voilà qui complète à peu près mon tour d’horizon des crédits et des actions des organismes linguistiques.

Je termine en insistant sur l'effort considérable du gouvernement, cette année, dans le domaine de la langue. L'année financière qui vient de se terminer aura été celle où l'on aura pris des moyens de donner une nouvelle vigueur à nos actions de soutien à la langue française. Les organismes linguistiques qui sont sous ma responsabilité disposeront ainsi, d’ici deux ans, de crédits supplémentaires de l’ordre de 12 M$, ce qui représente le plus important effort gouvernemental en matière de langue depuis plus de dix ans.

Le gouvernement est plus que déterminé à ce que le Québec continue, maintenant et dans l’avenir, à vivre, à créer, à travailler et à prospérer en français.

Merci Monsieur le Président.

 
 
 

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