Logo du Culture et Communications.
 

Le français standard en usage au Québec

17 février 2004

Notes pour une allocution de la ministre de la Culture et des Communications madame Line Beauchamp
Université de Sherbrooke le 17 février 2004

L'énoncé fait foi.

En août dernier, le premier ministre, monsieur Jean Charest, déclarait que « le Québec continuera de placer la promotion et la défense de sa langue et de sa culture au sommet de ses priorités ». En effet, la langue française est au cœur de l'identité québécoise et constitue, tout comme la santé, le savoir, la prospérité et la sécurité, un des éléments essentiels identifiés par le gouvernement et sur lequel doit se recentrer l'État.

À titre de ministre de la Culture et des Communications, je me réjouis de remettre ce deuxième versement de la subvention accordée cette année à l'équipe de recherche FRANQUS, pour la poursuite des travaux de description du français standard en usage au Québec. Vos recherches s'inscrivent dans une longue et fructueuse tradition lexicographique et elles témoignent de la volonté de plus en plus affirmée des Québécoises et des Québécois d'avoir accès à une description scientifique et rigoureuse de nos usages spécifiques. Il importe en effet que les enseignants, les communicateurs, les étudiants et bien sûr tous les autres usagers de la langue, aient à leur disposition des instruments de référence qui puissent leur donner accès à une plus grande connaissance de notre patrimoine linguistique.

On m'a expliqué que votre approche méthodologique est nouvelle et originale en ce sens que votre équipe de chercheurs fait appel à une base de données de textes québécois contemporains fort importante. Je suis heureuse de rappeler qu'elle a été constituée, au départ, grâce à l'appui financier du programme d'aide du Secrétariat à la politique linguistique pour la diffusion dans Internet et l'exploitation des banques de données linguistiques québécoises produites par différents groupes de chercheurs dans les universités québécoises.

Votre projet illustre très bien l'intérêt et la pertinence de ces fonds de données linguistiques pour étudier le français en usage chez nous. Il vient conforter la décision de notre gouvernement de favoriser l'amélioration de la qualité de la langue française au Québec et de promouvoir notre identité francophone en Amérique du Nord.

Il importe aussi de mentionner le travail informatique colossal et remarquable qui sous-tend le traitement des informations et la fiabilité des résultats. Vous faites ici encore œuvre originale, qui permettra de faire avancer les recherches dans ce domaine encore en pleine expansion. Les retombées prévisibles pour la francisation des nouvelles technologies de l'information et des communications - dictionnaires électroniques, correcteurs orthographiques, logiciels d'aide à la rédaction, etc. - sont une contribution significative du Québec à l'actualisation informatique du français.

Et je ne peux manquer l'occasion qui m'est donnée de souligner que les chercheurs Hélène Cajolet-Laganière et Pierre Martel ont un défi de taille à relever. Celui de faire en sorte que le Québec réussisse à affirmer son intention de maintenir le contact avec tous les francophones et francophiles du monde, tout en rendant compte des particularités de l'usage standard de la langue française au Québec.

Ces travaux de description des usages linguistiques d'ici sont de première importance et je sais gré à l'équipe de FRANQUS d'y apporter une contribution manifeste. Je tiens en outre à souligner le caractère multidisciplinaire et interuniversitaire de votre projet. J'ai constaté avec plaisir, dans la liste de vos collaborateurs, les noms de spécialistes en didactique, en phonétique, de même que des représentants de l'Office québécois de la langue française et de l'Académie des lettres du Québec. L'association d'experts et d'auteurs de dictionnaires, dont M. Jean-Claude Corbeil, récipiendaire du prix du Québec Georges-Émile-Lapalme, contribuera sans aucun doute au succès de votre projet. Il nous arrive trop souvent d'oublier que les nombreux usages québécois sont tout à fait justifiés et que, comme toutes les langues, la nôtre a une histoire, une originalité et une diversité qui font sa richesse et dont nous pouvons être fiers.

À cet égard, il est bon de rappeler que la langue française a eu une évolution similaire à celle qu'ont connue, par exemple, l'espagnol, l'anglais et le portugais en Amérique du Nord et du Sud. Ces trois autres langues venues d'Europe se sont développées différemment sur ces continents et ont donné lieu à des variétés distinctes de la langue source. Certains États concernés ont jugé nécessaire et tout à fait légitime l'élaboration de dictionnaires qui décrivent leurs usages spécifiques. C'est le cas des États-Unis pour l'anglais, du Mexique pour l'espagnol et du Brésil pour le portugais. Ajoutons à ces exemples, les travaux portant sur l'anglais canadien tels que le Dictionnary of Canadian English de Walter Avis et la préparation en cours depuis six ans d'un dictionnaire canadien bilingue.

Je considère fondamental que nos usages spécifiques - faune, flore, habitat, climat, institutions politiques et sociales, etc. - comme ceux des autres États de la Francophonie, soient diffusés et éventuellement partagés par l'ensemble des communautés francophones. La richesse du français n'en sera que plus grande et le patrimoine linguistique propre à chacun mieux connu et, souhaitons-le, mieux reconnu.

Je suis d'ailleurs persuadée que la création d'un dictionnaire français conçu par et pour des Québécois représente une étape indispensable à cette reconnaissance de notre identité linguistique.

En terminant, je veux rendre hommage aux responsables du projet, Mme Hélène Cajolet-Laganière et M. Pierre Martel, à leurs collaborateurs de l'Université de Sherbrooke et des autres institutions et organismes québécois ainsi que, bien sûr, aux professionnels linguistes et informaticiens de l'équipe qui consacrent leur expertise et leur enthousiasme à ce projet original et stratégique pour l'aménagement de la langue française au Québec.

À tous, merci.

 
 
 

Partager cette information

 
 
 

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2009