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Conférence de presse portant sur les modifications envisagées à la politique linguistique du Québec

14 décembre 2001

Les modifications envisagées à la politique linguistique
NOTES POUR UNE ALLOCUTION DE MADAME DIANE LEMIEUX

MINISTRE D’ÉTAT À LA CULTURE ET AUX COMMUNICATIONS ET MINISTRE RESPONSABLE DE LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

À L’OCCASION D’UNE CONFÉRENCE DE PRESSE PORTANT SUR LES MODIFICATIONS ENVISAGÉES À LA POLITIQUE LINGUISTIQUE DU QUÉBEC

Québec, le 14 décembre 2001

Le texte lu fait foi

 

Mesdames et Messieurs,

Je souhaitais vous rencontrer pour vous présenter les orientations gouvernementales devant nous permettre d’actualiser la politique linguistique québécoise.

D’entrée de jeu, permettez-moi de souligner la présence à mes côtés du ministre d’État à l’Éducation et à l’Emploi, M. François Legault, qui fera connaître tout à l’heure les plans d’action en matière d’enseignement du français et des langues secondes.

L’adoption de la Charte de la langue française, en 1977, a marqué une étape décisive dans l’affirmation de l’identité de la nation québécoise et de sa capacité de s’épanouir en français en Amérique du Nord. Cette loi a provoqué d’importants changements socio-économiques. On pense en particulier à l’affichage en français, à l’accroissement de l’usage du français dans les entreprises, au fait que les consommateurs québécois ont droit à des services en français, et à la fréquentation accrue de l’école française par les immigrants.

Vingt-cinq ans plus tard, les travaux de la Commission Larose ont fait ressortir la nécessité de préserver la Charte en l’adaptant aux nouvelles réalités sociales, économiques et technologiques.

Car des progrès restent à faire et l’équilibre atteint demeure toujours fragile et soumis à plusieurs défis dans le contexte géopolitique du Québec en Amérique du Nord.

En juin 2000, le Gouvernement du Québec a établi la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec afin d’instituer une réflexion globale sur l’usage et le rayonnement du français, langue officielle et commune du Québec. La Commission a remis, en août dernier, à la ministre responsable de la Charte de la langue française un rapport-bilan comprenant des recommandations visant à assurer l’usage, le rayonnement et la qualité de la langue française au Québec.

Lors de la publication du rapport de la Commission, notre Gouvernement s’est engagé à examiner en profondeur les recommandations qui lui étaient adressées, à faire les choix et les arbitrages nécessaires et à revoir la politique linguistique québécoise en conséquence.

Les modifications à la politique linguistique québécoise et les mesures incitatives et administratives que nous entendons proposer visent entre autres :

à revitaliser la francisation des milieux de travail;

à consolider le rôle moteur et exemplaire de l’Administration publique;

à favoriser l’intégration civique et linguistique des nouveaux arrivants;

à simplifier les structures responsables de la mise en œuvre de la Charte de la langue française;

à promouvoir davantage la français dans les secteurs du commerce, des technologies et des médias;

et, enfin, à soutenir le réseau de l’éducation dans la promotion et l’enseignement du français.

Pour ce faire, j’entends présenter à l’Assemblée nationale, dès la session prochaine, un projet de loi proposant de modifier la Charte de la langue française.

REVITALISATION DE LA FRANCISATION DES MILIEUX DE TRAVAIL

Les modifications à la politique linguistique québécoise et les mesures incitatives et administratives proposées visent à revitaliser la francisation des milieux de travail, notamment en revoyant certaines des dispositions du chapitre relatif à la francisation des entreprises, afin :

d’instaurer une approche sectorielle dans le processus de francisation des entreprises, de telle sorte que les programmes de francisation tiennent compte des caractéristiques et des besoins du secteur dans lequel œuvre une entreprise;

d’assurer une mise en œuvre plus rapide des programmes de francisation dans les entreprises en revoyant les délais prévus pour ce faire;

de donner une meilleure représentativité aux employés au sein des comités de francisation dans les entreprises;

d’assurer un meilleur suivi des ententes particulières qui sont conclues avec les sièges sociaux d'entreprises et les centres de recherche;

de soutenir et de développer les actions de francisation des milieux de travail notamment celles à l'intention des immigrants travaillant au sein de petites et moyennes entreprises afin de favoriser leur intégration à la société québécoise;

d’appuyer l’implantation d’outils informatiques en français dans les entreprises de moins de 50 employés;

CONSOLIDATION DU RÔLE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE

Par ailleurs, le gouvernement du Québec entend mettre de l’avant une série des mesures administratives dans le but :

de consolider le rôle moteur et exemplaire de l’Administration publique dans l'application de la Charte de la langue française et des politiques gouvernementales touchant la langue. Cette démarche vise à assurer que les services offerts à la population le soient dans un français de qualité;

de confier au Comité interministériel de coordination de la politique linguistique, le mandat de s'assurer que les comités linguistiques créés au sein de chacun des ministères et organismes jouent bien leur rôle moteur dans l'application et le suivi de la Politique gouvernementale relative à l'emploi et à la qualité de la langue française dans l'Administration;

de veiller au respect du volet linguistique de la Politique sur les marchés publics et de la Politique d'utilisation du français dans les technologies de l'information.

INTÉGRATION DES NOUVEAUX ARRIVANTS

Nous entendons par ailleurs maintenir et mettre de l’avant des activités favorisant l'intégration civique et linguistique des nouveaux arrivants à la société québécoise. Le ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration en sera le principal artisan.

SIMPLIFICATION DES STRUCTURES RESPONSABLES DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

J’entends également proposer l’intégration des structures responsables de la mise en œuvre de la Charte de la langue française – l’Office de la langue française, le Conseil de la langue française, la Commission de protection de la langue française et la Commission de toponymie au sein d'un même organisme qui portera le nom de Conseil québécois de la langue française.

L’organisme, qui exercera les diverses fonctions actuellement dévolues aux organismes de la Charte, sera dirigé par un président-directeur général ou une présidente-directrice générale et chapeauté d'un conseil d'administration dont les membres nommés par le gouvernement seront représentatifs de divers secteurs de la société québécoise (gouvernement, patronat, syndicats, éducation, communautés culturelles).

Le nouvel organisme se verra confier un mandat de surveillance de l’évolution des indicateurs de la situation démolinguistique au Québec. Il devra en faire rapport à la ministre responsable de la Charte de la langue française.

PROMOTION DU FRANÇAIS DANS LES  SECTEURS DU COMMERCE, DES TECHNOLOGIES ET DES MÉDIAS

Dans le but de relever les défis liés à la mondialisation et au développement des technologies, nous allons :

élaborer des stratégies de promotion du français dans le domaine du commerce et des affaires en mettant sur pied un regroupement composé de représentants du milieu du commerce, des affaires, de la publicité, des associations professionnelles et de protection du consommateur;

soutenir des projets de recherche visant à décrire le français standard en usage au Québec;

favoriser la création, par les associations professionnelles et les regroupements d'entreprises, d'une table de concertation sur la qualité de la langue dans les médias et d’adapter les programmes existants d’aide financière aux médias pour qu’ils prennent en compte la qualité de la langue.

RÔLE ACCRU POUR LE RÉSEAU DE L’ÉDUCATION

Le réseau de l’éducation sera également appelé à jouer un rôle majeur dans la promotion et à l’enseignement du français. Certaines mesures seront élaborées afin :

d’amener les commissions scolaires francophones ainsi que les cégeps et les universités (tout en tenant compte des particularismes linguistique de ces institutions) à se doter d'une politique linguistique institutionnelle visant l'emploi de la langue française au sein de leurs établissements;

de suivre de près l’évolution de la situation des allophones qui étudient en français au niveau collégial et de demander au ministre de l’Éducation d’en informer annuellement le conseil des ministres;

d’éviter que la fréquentation au Québec pour une courte période d’une école anglaise privée non subventionnée ne puisse servir de passerelle vers l'école anglaise publique ou privée subventionnée;

de favoriser l'achat de logiciels en français pour l'enseignement technique dans les écoles et les cégeps;

de mieux intégrer la dimension linguistique dans le programme scolaire par la tenue d'activités à caractère culturel;

d’augmenter le financement destiné à la tournée des écrivains et des professionnels de la langue dans les écoles secondaires et dans les collèges; aux marathons d'écriture; aux concours de poésie; aux dictées publiques et autres événements à caractère linguistique.

Je cède maintenant la parole à mon collègue le ministre de l’Éducation.

Je vous remercie.

 
 
 

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