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Annonce du Rendez-vous des gens d'affaires

19 juin 2008

Allocution de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, madame Christine St-Pierre, Montréal, le 19 juin 2008

Le texte lu fait foi

La langue française est toujours vivante en Amérique du Nord, grâce notamment au Québec, qui la garde vivante au prix d'efforts constants. Des efforts qui trouvent leur motivation dans l'identité de la nation et dans la définition même de notre société. Mais le Québec ne vit pas dans une bulle et notre langue subit les pressions de forces importantes, tels l'environnement linguistique nord-américain ainsi que la mondialisation de l'économie favorable à l'anglais.

Cela pose des défis partout, même en France, qui n'échappe pas à cette pression. Mais là s'arrête la comparaison avec la France parce que l'histoire linguistique du Québec est bien différente, l'espace public québécois n'a pas toujours été français.

Il faut reconnaître que la situation a évolué de manière significative depuis 1960 et encore davantage depuis l'adoption de la loi 22 faisant de la langue française la langue officielle du Québec et depuis l'adoption de la Charte de la langue française. La Charte de la langue française a été conçue pour accroître l'usage du français notamment par les travailleurs à l'intérieur des entreprises; pour améliorer le visage français de l'affichage public et de la publicité commerciale; pour améliorer aussi l'offre, aux consommateurs, de services en français; et, enfin, pour favoriser l'intégration des jeunes immigrants à l'école française. En d'autres mots, la Charte de la langue française allait permettre aux Québécois de vivre en français. Sur tous ces plans, la Charte a permis au français de progresser.

Si les progrès sont indéniables, ils ne doivent pas nous empêcher de voir les défis qui sont les nôtres pour assurer la pérennité du français. L'Assemblée nationale, dans son ensemble, tous partis confondus, a pris le parti de protéger et de défendre le français en tant que langue officielle du Québec.

Je ne crois pas qu'il y ait une crise linguistique au Québec et ce n'est pas rendre service à la langue française de vouloir en créer une en exacerbant les tensions et les craintes.

Il n'y a pas de crise, mais il y a des défis. Il y en aura toujours, … dans 20 ans, 50 ans, 100 ans, le Québec devra encore relever les défis de la protection et de la promotion du français. Mais je fais partie de ceux et celles qui pensent que dans 20, 50, 100 ans le Québec sera toujours français, indépendamment des pressions externes. Pourquoi?

Parce que cette langue est aussi importante pour nous que le sang qui coule dans nos veines. Les années qui passent viendront confirmer à nouveau que la langue française est un atout de notre développement, de notre créativité et qu'elle exprime une manière d'être. Que c'est une langue qui fait avancer le Québec, car elle est le socle commun de notre société.

Dans cet esprit, le gouvernement pose des gestes concrets au soutien de la protection et de la promotion de la langue française par la réalisation d'une action gouvernementale cohérente et pertinente. Une action qui mobilisera plusieurs ministères notamment celui de l'éducation, de l'immigration, du développement économique, de l'emploi, et celui que je dirige.

Aujourd'hui, j'annonce officiellement la tenue d'un événement qui vise la communauté économique, plus particulièrement les entreprises de 49 employés et moins qui ne sont pas soumises aux mêmes exigences que celles de 50 employés et plus. Cette action en faveur de la francisation s'échelonnera sur cinq ans dans un premier temps et pourra, le cas échéant, continuer au delà de cette période.

Il est assez évident que nous nous intéresserons d'abord à Montréal qui est et sera au cœur du chantier linguistique de la francisation au cours des prochaines années. Lors du sommet Montréal, métropole culturelle, j'ai affirmé que non seulement cette métropole parlera français, mais qu'elle protégera aussi son visage français.

C'est à Montréal que s'installent principalement les nouveaux arrivants, c'est à Montréal que se vit plus qu'ailleurs la pression sur la langue française, sur le plan des services comme sur le plan de l'affichage. Il y a lieu de demeurer vigilant. Il y a lieu de prendre des moyens nouveaux pour assurer la pérennité du caractère français de notre métropole. Évidemment, la situation ne ressemble en rien à ce qu'elle était il y a 40 ans. Mais il y a lieu d'agir avec pertinence et cohérence pour maintenir les gains et enregistrer d'autres progrès. Nous devons travailler tous ensemble pour éviter un glissement qui viendrait amoindrir le caractère francophone de l'identité montréalaise et québécoise. La démarche de sensibilisation que nous entreprenons sera donc centrée sur cette cible principale, sans pour autant faire abstraction de l'ensemble des entreprises ailleurs au Québec.

Nous tiendrons donc l'automne prochain, le Rendez-vous des gens d'affaires et des partenaires socioéconomiques pour sensibiliser et mobiliser la communauté économique autour d'un plan d'action de francisation et de respect de la langue officielle du Québec. Ce rendez-vous sera présidé par le premier ministre lui-même, M. Jean Charest.

Il est important de noter que ce sera la première fois que le milieu des entreprises de moins de 50 employés s'assoira avec le gouvernement pour examiner la situation, explorer les solutions et prendre les moyens nécessaires pour atteindre les résultats que nous visons.

Ce rendez-vous fera appel à la participation d'organismes et d'associations représentant l'ensemble de la communauté économique et des partenaires socioéconomiques dont les syndicats.

Ce rendez vous réunira l'équipe gouvernementale et des représentants du milieu des affaires pour élaborer et adopter un plan d'action et prendre un engagement clair en faveur de la langue française, dans les commerces, les industries et les entreprises de services de moins de 50 employés.

Pour la préparation de ce rendez-vous comme pour le suivi qui sera nécessaire, une équipe ministérielle et une équipe de gens d'affaires conjugueront leurs efforts.

Je coprésiderai le comité d'orientation et de réalisation de l'équipe ministérielle avec mon collègue Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, et ministre responsable de la région de Montréal.

L'équipe comprendra en plus les ministres Michelle Courchesne (ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, ministre de la Famille), Yolande James (ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles), Sam Hamad (ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale), David Whissel (ministre du Travail), Jean-Marc Fournier (ministre du Revenu) et Monique Jérôme-Forget (ministre des Finances, des Services gouvernementaux et présidente du Conseil du trésor). Bref, les ministres concernés par cette problématique participeront à cette démarche gouvernementale.

L'équipe de la communauté économique sera présidée par Mme Isabelle Hudon, présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Je la remercie d'accepter ce défi et de contribuer à cet important chantier. Et je la remercie d'être parmi nous aujourd'hui pour cette annonce.

Elle sera secondée dans ce travail par les représentants de plusieurs organismes économiques et socioéconomiques. Cette équipe sera responsable de l'organisation du rendez-vous, de la préparation du plan d'action et de la validation des moyens mis en place pour atteindre les objectifs.

Ces deux groupes de travail, du côté gouvernemental comme du côté des entreprises, devront réaliser au cours des prochains mois un travail important avec un mandat à la fois exigeant et stimulant ayant pour objectif de :

1. Présenter la réalité linguistique dans les entreprises de 49 employés ou moins, dresser un portrait de la francisation dans les entreprises, mesurer les potentiels et les obstacles pour les entreprises. Bref, procéder à l'analyse de la réalité des entreprises et des enjeux liés au marché, à la clientèle, au recrutement, etc.

2. Présenter un état de la situation de l'affichage et de la langue de service dans le centre-ville de Montréal.

3. Informer les gens d'affaires des outils et des programmes mis à leur disposition pour soutenir les efforts de francisation des entreprises de 49 employés ou moins. Créer une offre unique et intégrée des services de soutien à la francisation et explorer de nouvelles pistes pour bonifier cette offre de service.

4. Et, bien sûr, susciter l'adhésion et l'engagement des entreprises dans la démarche de mise en valeur de la langue officielle du Québec. Et adopter une démarche consensuelle de sensibilisation des chefs d'entreprise et des employés dans l'application de la Chartre de la langue française et dans le respect de ses principes.

5. Élaborer un plan d'action sur cinq ans afin de soutenir la francisation là où cela est nécessaire. Ce plan d'action devra prévoir un bilan des progrès accomplis.

Je suis confiante que nous saurons atteindre nos buts qui sont :

1) Le respect et une meilleure compréhension de la Chartre de la langue française dans les entreprises de moins de 50 employés.

2) La protection du visage français de Montréal comme métropole culturelle du Québec, notamment dans l'affichage et dans les services.

3) Une francisation plus efficace des nouveaux arrivants en milieu de travail.

Cela dit, je suis convaincue que la Charte de la langue française demeure un outil de premier plan et un cadre de référence essentiel pour l'avenir de la langue française au Québec et que nous devons nous mobiliser autour de la nécessité de placer la langue au cœur de notre action.

La langue n'est pas seulement une affaire de Charte et de loi, c'est aussi une responsabilité citoyenne qui engage chacun de nous dans l'adhésion indéfectible à cette valeur identitaire de la société québécoise.

Sans une mobilisation et un engagement de chacun et de chacune d'entre nous comme citoyen, la pérennité du fait français risquerait d'être vouée à l'échec. La vitalité d'une langue tient à la volonté de ses locuteurs. Une volonté soutenue par un sentiment de fierté. Fierté de parler une langue partagée par quelque 200 millions de locuteurs dans le monde. Fierté de maîtriser une langue qui sait traduire nos sentiments, nos pensées, notre savoir.

C'est pour ces raisons que le plan du gouvernement prévoit des actions de mise en valeur de la langue française auprès des citoyens du Québec et qu'il entend incarner sa démarche par des actions vigoureuses et novatrices comme celle que nous annonçons aujourd'hui.

Encore une fois, je remercie Mme Isabelle Hudon pour sa participation et son engagement à la réussite de cette démarche, de même que je remercie mes collègues du conseil des ministres qui sont engagés dans une action gouvernementale globale, pertinente et cohérente.

Je remercie les membres de la communauté économique et socioéconomique qui feront de ce rendez-vous un étape majeure de la promotion et de la protection de la langue française au Québec, et notamment à Montréal, métropole culturelle et sociale du Québec.

Merci.

 
 
 

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